Oran

Inaugurant une unité de production d’anticorps monoclonaux : le ministre Kouidri souligne l’importance de la souveraineté sanitaire

L’Algérie amorce un virage stratégique dans le domaine pharmaceutique avec la mise en service, à Oran, d’une unité industrielle dédiée à la production d’anticorps monoclonaux. Cette avancée marque une entrée concrète dans le segment des biothérapies, considéré comme l’un des plus exigeants et innovants de la médecine moderne, notamment dans la lutte contre les cancers.

Porté par le laboratoire Orion-Lab en partenariat avec un groupe étranger, le projet représente un investissement d’environ 20 millions d’euros. Il se distingue par son modèle « full process », permettant de maîtriser l’ensemble de la chaîne de fabrication sur un seul site, depuis les phases biologiques initiales jusqu’au conditionnement final.
Une configuration encore peu répandue à l’échelle régionale, qui positionne cette infrastructure comme un levier structurant pour l’industrialisation pharmaceutique nationale. Présidant l’inauguration, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, a souligné l’importance de cette réalisation dans la stratégie de souveraineté sanitaire. L’objectif affiché est de réduire la dépendance aux importations de médicaments innovants et renforcer les capacités locales dans des domaines thérapeutiques critiques. Au-delà de l’enjeu industriel, cette unité ouvre des perspectives concrètes pour les patients, en particulier dans le traitement de pathologies lourdes comme le cancer du sein. La production locale d’anticorps monoclonaux devrait, à terme, améliorer l’accessibilité aux thérapies ciblées, tout en réduisant les délais d’approvisionnement et les coûts liés aux importations. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan national de lutte contre le cancer, qui encourage le développement de solutions thérapeutiques domestiques et la montée en gamme du tissu pharmaceutique. Il illustre également une volonté de transfert technologique, ayant permis l’acquisition de compétences avancées en bioprocédés, notamment dans le domaine de l’oncologie. Les autorités entendent capitaliser sur cette dynamique. Deux autres unités de production de même envergure sont en phase finale de préparation, avec une mise en exploitation imminente. L’ambition est de consolider un réseau industriel capable de répondre aux besoins croissants du marché national tout en s’ouvrant à des perspectives régionales. À travers cette infrastructure, l’Algérie affiche clairement sa volonté de transformer en profondeur son modèle sanitaire, en faisant de l’innovation pharmaceutique un pilier de son autonomie stratégique. L’unité d’Oran pourrait ainsi devenir une référence dans le domaine des biotechnologies médicales, tant sur le plan national qu’à l’échelle régionale.

Yacine Redjami

 

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