EDITO

Le génocide permanent

Il ne faut pas hiérarchiser la douleur. Le drame est absolu et les victimes de quelques causes qu’elles soient ont droit à l’empathie. Mais lors du drame, la douleur ne s’arrête pas. Lorsque les horreurs se poursuivent jour et nuit, pendant le Ramadhan et le jour de l’Aîd, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse une chaleur de plomb. A Ghaza, en Palestine, c’est le lot de près de deux millions d’êtres humains, obligés de faire de l’exception leur quotidien. Même le concept de génocide ne décrit pas la réalité d’un peuple qu’on martyrise sans lui accorder le moindre répit. Lorsqu’on liste les faits de génocides, ces derniers ont un début et une fin. En Amérique, en Afrique ou en Europe, des populations entières ont vécu l’horreur. Mais celle-ci s’est tout de même arrêtée. Et les juristes ont qualifié ce qui s’était passé de génocide. En Palestine, il faut trouver un autre mot. En moins de trois ans de bombardement quotidien près de 200 000 palestiniens sont tombés en martyrs. C’est un génocide. Mais il n’est pas près de finir, comme cela s’est produit ailleurs. La haine meurtrière qui a fini par se calmer est encore vivace en Palestine. Les sionistes en veulent encore. Ils tuent chaque jour et ne s’en rassasient pas. Dans la seule journée d’hier, les corps de 17 martyrs ainsi que 32 blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières 48 heures.
C’est pire qu’un génocide, ce qui se pratique à Ghaza. Car même le cessez-le-feu n’y peut rien. Il a été décrété le 10 octobre 2025. Mais la haine meurtrière ne connaît pas la paix. Pour preuve, 809 Palestiniens sont tombés en martyrs et 2.267 autres ont été blessés, tandis que les corps de 761 martyrs ont été récupérés, en pleine période de trêve ! La dépêche de l’agence palestinienne d’information note que l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza a fait 72.585 martyrs et 172.370 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023.
Ces chiffres, fournis par l’agence palestinienne d’information, illustrent l’ampleur de la tragédie, même si c’est un calcul à minima. Des dizaines de milliers de corps sont ensevelis. des familles entières, voire les habitants de quartiers entiers ne sont pas comptabilisés. La majorité des victimes sont des civils innocents, pris dans un engrenage infernal où la vie n’a plus de valeur, où la mort devient une constante quotidienne.
Ce qui se passe à Ghaza aujourd’hui est unique dans sa brutalité, dans sa cruauté. Même dans d’autres conflits, la fin a fini par arriver, la paix a été rétablie. Ici, la haine semble alimentée par une logique de destruction totale, où la paix n’est qu’un mirage. La communauté internationale doit agir, non pas en tergiversant ou en cherchant à hiérarchiser la douleur, mais en prenant conscience de l’urgence de dire à l’entité sioniste ce qu’elle est réellement et l’empêcher d’agir en la soumettant à de véritables sanctions.

Par Nabil.G

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