
Le projet de la loi des finances 2027 présentée à l’APN : le plaidoyer de Mohamed Lamine Lebbou
Le plaidoyer de Mohamed Lamine Lebbou
Le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, a présenté, hier, devant l’APN les grandes lignes du projet de loi de finances (PLF) 2027. Le texte prévoit plusieurs mesures destinées à soutenir l’économie nationale et sa diversification, à préserver le pouvoir d’achat des citoyens et à améliorer leur cadre de vie.
Lors d’une séance plénière présidée par la présidente de l’APN, Khalida Boufedeche, et à laquelle assistaient plusieurs membres du Gouvernement, M. Lebbou a rappelé que le projet avait été élaboré dans un contexte international marqué par les incertitudes géopolitiques, les pressions inflationnistes et les fluctuations des marchés de l’énergie. Il a toutefois souligné que des dispositions avaient été prévues pour stimuler l’activité économique et renforcer la diversification.
Les mesures du PLF portent notamment sur le soutien à l’investissement productif, l’élargissement de l’assiette fiscale et la mobilisation des ressources. Elles visent également à simplifier les démarches administratives, à accélérer la modernisation de l’administration, à renforcer la transparence et le respect des obligations fiscales, ainsi qu’à lutter contre la fraude et l’évasion fiscales. Le texte comprend par ailleurs des dispositions douanières et des mesures relatives aux biens de l’État. Pour encourager l’investissement, le projet prévoit de réorganiser le cadre institutionnel en s’appuyant sur trois organismes : l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), le Conseil national de l’investissement (CNI) et le Guichet unique de l’investissement.
En matière de modernisation administrative, le PLF propose de rendre obligatoires la déclaration et le paiement à distance pour les contribuables soumis à l’impôt forfaitaire unique (IFU). Le texte prévoit aussi de prolonger jusqu’au 31 décembre 2029 l’exonération de TVA appliquée à l’importation et à la vente de légumineuses, ainsi qu’à la vente de fruits et légumes frais, d’œufs de consommation, de poulet de chair et de dinde produits localement.
Présentant les principaux indicateurs économiques du projet, le ministre a annoncé une prévision de croissance de 4,2 % pour 2027. Les recettes budgétaires devraient dépasser 9 251,1 milliards de dinars. Les dépenses sont, quant à elles, estimées à 17 251,6 milliards de dinars en autorisations d’engagement (AE) et à 17 882,6 milliards en crédits de paiement (CP). Les dépenses de transfert devraient atteindre 4 356,64 milliards de dinars en AE et 4 415,35 milliards en CP. Elles seront principalement consacrées aux subventions des produits de large consommation dans le cadre du dispositif de soutien.
Pour l’année 2026, la croissance économique devrait s’établir autour de 4,3 %, selon les prévisions de clôture présentées par M. Lebbou. Cette progression serait portée par la bonne tenue de l’activité hors hydrocarbures, attendue à 4,8 %, et par la reprise du secteur des hydrocarbures, dont la croissance devrait atteindre 1 %. Le produit intérieur brut (PIB) nominal devrait dépasser 48 723 milliards de dinars en 2026. Les prévisions font également état d’une amélioration des équilibres budgétaires, liée à l’évolution attendue des recettes et à la stabilisation des dépenses. Les recettes devraient dépasser 8 611 milliards de dinars, tandis que les dépenses s’élèveraient à plus de 17 636 milliards, dans la limite des crédits ouverts par la loi de finances 2026.
Les recettes de la fiscalité pétrolière devraient, pour leur part, atteindre 4 157,2 milliards de dinars, grâce à la hausse attendue des exportations d’hydrocarbures. Selon le ministre, l’excédent dégagé permettrait d’alimenter le Fonds de régulation des recettes (FRR) à hauteur d’environ 1 459 milliards de dinars.
Nadera Belkacemi



