Oran Aujourd'hui

L’indispensable coordination entre hôpitaux publics et cliniques privées

La coordination entre établissements hospitaliers publics et cliniques privées dans la wilaya d’Oran constitue un enjeu majeur de gouvernance sanitaire. Elle répond à la fois à des contraintes structurelles du système de santé et à la nécessité d’améliorer l’accès et la qualité des soins. La coordination entre hôpitaux publics et cliniques privées ne relève pas seulement d’une option organisationnelle, mais elle constitue une nécessité structurelle pour faire face à la croissance de la demande de soins, pour améliorer la qualité des services et rationaliser l’utilisation des ressources sanitaires.
Dans ce contexte, la Direction de la santé a organisé en début de semaine une intéressante rencontre sur ce thème de la coordination «public-privé» regroupant des chefs de service d’établissements sanitaires publics et des responsables de cliniques et structures de santé privées.
Cette réunion avait pour objectif d’assurer «une coordination efficace entre les secteurs public et privé afin d’améliorer les conditions de prise en charge médicale à la wilaya d’Oran». Il s’agit d’instaurer un cadre opérationnel structuré assurant la complémentarité entre les acteurs publics et privés du système de santé afin d’améliorer la qualité des prestations médicales et renforcer les dispositifs de traitement, notamment pour les pathologies urgentes telles que les cas d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), les maladies cancéreuses et d’autres disciplines médicales nécessitant une coordination et un partenariat étroit entre établissements hospitaliers publics et cliniques privées. On sait que deux mondes médicaux coexistent depuis longtemps à Oran, dans la même ville, sans se croiser ni véritablement se rencontrer.
A Oran, qui aspire à être le pole médical de l’Ouest algérien, le système de santé souffre de cette fracture silencieuse entre le secteur médical privé et le secteur public qui reste de loin le refuge des plus modestes. La wilaya d’Oran compte plusieurs établissements publics majeurs (CHU, EHU, EPH), un réseau croissant de cliniques privées spécialisées (chirurgie, cardiologie, hémodialyse, obstétrique) et des conventions ponctuelles avec les organismes de sécurité sociale pour certaines pathologies (cardiologie, dialyse). Mais la coordination entre les deux secteurs public et privé reste encore insuffisante ou informelle en raison de plusieurs facteurs pénalisants.
Les hôpitaux publics font face à une surcharge des services d’urgences, au manque d’équipements et au déficit de maintenance et de personnel spécialisé. Une pression qui pousse les patients qui le peuvent à aller vers le privé. Ce qui accentue le sentiment de « l’Accès inégal aux soins’». D’autant plus que les cliniques privées offrent des délais plus courts, des équipements modernes et un confort supérieur, mais restent financièrement moins accessibles pour une grande partie de la population. C’est pourquoi la collaboration entre public et privé se limite souvent à des conventions ponctuelles avec les caisses de sécurité sociale, et à des transferts informels de patients.
On sait pourtant qu’un système de coordination renforcé et bien structuré à l’échelle territoriale peut permettre une optimisation des capacités hospitalières à travers la répartition des patients selon les capacités disponibles, l’utilisation des lits et équipements privés disponibles pour désengorger les hôpitaux publics saturés, ainsi qu’une meilleure gestion des urgences. Une coopération structurée pourrait assurer une orientation rapide du patient, un partage des dossiers médicaux et un suivi post-hospitalisation crucial pour les pathologies lourdes de cardiologie et oncologie. La coordination peut également être un outil permettant d’éviter la médecine commerciale excessive, de garantir le respect des normes et d’assurer la transparence tarifaire.

Par S.Benali

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