EDITO

Une fuite en avant suicidaire

L’Algérie est dans son droit. Sa décision souveraine de suspendre le Traité d’amitié qui la liait avec l’Espagne répond à un manquement grave de la partie espagnole qui a failli au respect des cadres de ce traité notamment dans son volet politique. La volte-face de Madrid sur l’important dossier du Sahara occidental est un reniement historique de la position de l’Espagne, puissance administrante qui avait l’obligation de soutenir, plus que tout autre pays, les décisions de la communauté internationale et les résolutions onusiennes qui appellent toutes au règlement de ce conflit,qui oppose le Sahara occidental et le Maroc, par l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.
Pedro Sanchez, pour des raisons encore obscures, en a décidé autrement en allant s’aligner sur les thèses marocaines. Il faut dire qu’en Espagne plusieurs analystes avancent que ces décisions, qui engagent tout un pays, reposent au fond sur des raisons purement personnelles, dûes à une série de chantage qu’il faudrait aller chercher dans le téléphone du Premier ministre espagnol, qui a été soumis à des écoutes systématiques, à travers le logiciel israélien Pegasus, dont a usé et abusé le régime du Makhzen.
Une situation dans laquelle s’est engluée Sanchez sans jamais trouver de solutions, et qui le pousse à trahir les intérêts suprêmes de son pays au grand étonnement de toute la classe politique et de l’opinion publique espagnoles.
Les explications de Sanchez et les gesticulations indécentes de son ministre des affaires étrangères font pitié à voir. La dernière sortie d’Albares en est la parfaite illustration, lui qui a osé prétendre que la décision souveraine de l’Algérie de suspendre le Traité d’amitié lui aurait été soufflée par la Russie. Un amateurisme pitoyable pour un supposé diplomate entré par effraction dans un monde dont il n’en connaît absolument rien. Et sa tentative d’impliquer l’Union Européenne dans un différend qui concerne les relations entre deux pays, renseigne sur l’impasse face à laquelle est arrivée le gouvernement espagnol.
L’Algérie qui répondait à des fake news du régime honni du Makhzen, a recadré les débats à travers un communiqué du son ministère des Affaires étrangères, où le département du ministre Lamamra rappelle que l’Algérie «réaffirme, encore une fois, le caractère bilatéral et politique de la crise actuelle avec le Gouvernement espagnol qui a manqué à ses obligations vis-à-vis de la décolonisation du Sahara occidental conformément à la légalité internationale», ajoutant que l’Algérie «qui est confiante quant à la justesse de sa position et au bien-fondé de ses décisions politiques souveraines à ce propos, n’a besoin d’aller chercher des positions en sa faveur, ni de la part de pays frères ou amis ni auprès d’organisations internationales».
Une réponse claire et cinglante, tout autant pour le Maroc que pour l’Espagne, de la part de l’Algérie, qui est un pays incontournable dans le bassin méditerranéen, et connu pour son rôle stabilisateur dans la région et son engagement indéfectible pour la paix dans le cadre de son poids et sa position historique en tant que pays pesant dans le cadre du mouvement des Non-Alignés.
Par Abdelmadjid Blidi

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