
Université : une rentrée à grande échelle
Les effectifs annoncés donnent la mesure. L’université Ahmed-Ben-Bella 1 s’apprête à recevoir plus de 7 000 nouveaux étudiants, Ahmed Ben Ahmed 2 plus de 6 000, tandis que l’université des sciences et de la technologie Mohamed-Boudiaf attend environ 5 700 nouveaux arrivants. À ces pôles s’ajoutent écoles supérieures, instituts et autres structures. L’ensemble confirme le rôle d’Oran comme pôle universitaire attirant des jeunes de différentes régions. Derrière les inscriptions se trouve une chaîne de besoins : hébergement, restauration, mobilité, information et accompagnement administratif.
Les établissements ont préparé leurs structures pour limiter les difficultés des nouveaux étudiants et permettre aux anciens de poursuivre leur cursus dans de bonnes conditions. Pour les jeunes qui quittent leur environnement familial, l’entrée à l’université signifie aussi l’apprentissage d’une nouvelle autonomie. Le logement occupe une place centrale, au même titre que les repas et les déplacements. Pour les étudiants venus d’autres wilayas, Oran devient à la fois lieu d’études et de vie.
Cette mobilité donne une portée territoriale à la rentrée: la diversité des formations fait circuler les jeunes, les compétences et les projets entre plusieurs régions. La ville devient donc une destination de formation et de brassage social. Les étudiants sont aussi des usagers des services urbains. L’ampleur des effectifs souligne les besoins quotidiens générés autour des campus. À l’université 1, l’offre va de la licence au master et au doctorat. Médecine, sciences de la nature et de la vie, sciences exactes, lettres, sciences humaines, sciences islamiques et arts figurent parmi les domaines cités.
Des instituts spécialisés complètent cet ensemble, notamment dans les techniques appliquées, la traduction et la criminalistique.
Cette diversité attire des profils universitaires différents. À l’Université Mohamed-Boudiaf 2, la rentrée s’accompagne d’une évolution des parcours. De nouvelles spécialités sont annoncées dans le droit, les sciences politiques, la psychologie et les langues étrangères. Des masters concernent les transactions numériques et l’administration électronique, les ressources humaines, la diplomatie et la coopération internationale. L’offre est aussi renforcée en langue française, tourisme et communication. Cette diversification vise à rapprocher les études des mutations académiques et professionnelles. Les orientations de la première phase donnent une autre image de cette diversité. L’université a dirigé 1 364 étudiants vers les sciences politiques et le droit, 1 662 vers les sciences économiques, commerciales et de gestion et 1 301 vers les langues étrangères. D’autres effectifs concernent les sciences, les sciences sociales et les technologies. Un parcours de licence en relations internationales et langues anglaise et française accueille aussi une centaine d’étudiants. Ces choix dessinent les premières trajectoires des nouveaux bacheliers.
Le numérique, la nouvelle porte d’entrée
La transformation numérique constitue l’un des marqueurs de cette rentrée. Inscriptions, suivi des dossiers, orientation et diverses démarches administratives ou pédagogiques sont progressivement intégrés aux services numériques. La réduction des procédures papier doit faciliter l’accès aux informations et limiter les déplacements entre les services. Pour l’étudiant, le changement peut représenter un gain de temps ; pour l’administration, il facilite le traitement des demandes. À l’université des sciences et de la technologie Mohamed-Boudiaf, cinq nouvelles spécialités sont annoncées dans des domaines liés notamment à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité et aux sciences biologiques.
Ces choix accompagnent les transformations rapides des technologies et la demande de compétences spécialisées. La cybersécurité suppose notamment des profils capables de protéger systèmes et données, tandis que l’intelligence artificielle ouvre de nouveaux champs scientifiques et techniques. Plus de 4 000 étudiants sortent chaque année diplômés de cette université, selon les données fournies, dont environ 2 400 en licence et 1 600 en master. Avec les nouveaux inscrits, l’effectif global doit continuer à progresser. La diversification cherche à maintenir le lien entre formation et évolution professionnelle.
Dans le quartier Es-Salam, l’Institut national de formation supérieure paramédicale doit accueillir 365 nouveaux étudiants. Les parcours concernent notamment l’imagerie médicale, la physique médicale, le laboratoire, la nutrition et l’anesthésie-réanimation. Ici, le rapport entre formation et besoins sociaux apparaît directement. L’institut travaille sous la tutelle du ministère de la Santé, en coordination avec les services concernés de la wilaya. La préparation pédagogique associe responsables de spécialités et professionnels appelés à participer à l’encadrement. Le bilan fourni indique que 567 étudiants ont terminé leur formation l’année précédente avant leur orientation vers différents établissements d’Oran et des wilayas voisines.
Le document mentionne aussi 77 diplômés dans la filière des assistants médicaux. Avec des étudiants issus de 18 wilayas, l’établissement possède une portée qui dépasse le cadre local. Cette mobilité illustre le rôle d’Oran dans la formation des compétences de santé. La formation participe directement au renouvellement des ressources humaines sanitaires. Réussir la rentrée signifie aussi garantir des conditions de vie compatibles avec les études. Les établissements travaillent sur l’accueil, les groupes, les horaires, l’hébergement, les repas et l’accompagnement pédagogique. À l’Institut paramédical, des dispositions sont prévues pour l’hébergement des étudiants des différentes années.
La restauration figure également dans les préparatifs, avec l’organisation des repas et l’amélioration des services. Ces prestations sont essentielles pour les jeunes éloignés de leur domicile. Le campus devient un lieu où se croisent savoir, logement, alimentation et mobilité. Les étudiants sont aussi des usagers des transports et services urbains. Les infrastructures numériques sont renforcées par la connexion de différents locaux à la fibre optique et par la consolidation des systèmes de sécurité, notamment grâce à des pare-feu. La plateforme «Progres» doit faciliter l’accès aux informations, le suivi des démarches et l’obtention de documents. La numérisation devient ainsi un moyen de réduire les déplacements.
De campus en institut, la rentrée 2026-2027 révèle une ville universitaire dont la fonction dépasse largement les amphithéâtres. L’accueil de milliers de nouveaux étudiants, la diversification des spécialités, la montée des formations scientifiques et technologiques, le développement du paramédical et la modernisation des services composent un même mouvement. Les parcours en intelligence artificielle, cybersécurité et sciences biologiques côtoient ceux du droit, des langues, du tourisme, de la communication ou des relations internationales.
Pour Oran, cette rentrée est aussi une question d’attractivité. Des jeunes de plusieurs régions viennent y chercher une formation et découvrent une ville où études, logement, restauration, mobilité et services numériques s’articulent. L’université devient un carrefour entre territoires et perspectives professionnelles. Derrière les inscriptions se dessine une réalité plus large : permettre à une importante population étudiante de se former et de vivre dans un environnement adapté. L’enjeu est humain, économique et social. Alors que les premiers cours prennent place, Oran retrouve son visage de grande ville universitaire. Les campus se remplissent, les services reprennent leur cadence et les nouvelles filières dessinent les métiers à venir. La rentrée met ainsi en lumière la capacité d’une ville à accueillir, former et accompagner une nouvelle génération dès 2027.
Nassim.H



