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La guerre au Moyen-Orient a créé une tension sur les hydrocarbures : le pétrole pointe à plus de 93 dollars

Les cours du pétrole ont clôturé à plus de 93 dollars le baril. C’était son niveau au 1er octobre 2022. Depuis, les prix n’ont cessé de baisser jusqu’aux alentours des 60 dollars.

La cause de cette nouvelle flambée est connue de tous. Ce mouvement haussier est porté par les tensions géostratégiques, notamment l’intensification de l’escalade militaire dans le Golfe et le Moyen-Orient et les perturbations des routes maritimes énergétiques. Les investisseurs redoutent que la persistance de l’escalade militaire dans le Golfe et le Moyen-Orient et les perturbations des routes maritimes énergétiques accentuent la pression sur les prix. Plus que cet aspect strictement lié à la situation dans le Golfe, les propos du président américain participent aussi à cette flambée.
«Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran, seulement une Capitulation sans condition», a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. Cette seule déclaration qui ferme la porte à tout espoir de solution a fait bondir le brent de la mer du nord à plus de 94 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), s’échangeait au-delà de 92 dollars, soit une hausse journalière de plus de 13%.
« J’ai déjà vu ce genre de situation auparavant, mais celle-ci commence à prendre des proportions dramatiques», commente un expert. «Je crains vraiment les conséquences à long terme» en particulier l’éclosion de la récession économique, ajoute-t-il. Ce spectre est omniprésent dans les discours des économistes, mais également au niveau des centres de décision politique, notamment en occident, première victime, dit-on, de cette nouvelle flambée des cours. Un état de fait qui repose cette fois non pas sur les opérations de spéculation ou les menaces de l’un des belligérants, mais aussi en raison du fait que plusieurs infrastructures énergétiques ont déjà subi des attaques. Et le blocage du détroit d’Ormuz, par où transite environ 20% de la production mondiale d’or noir, cause des problèmes majeurs d’approvisionnement en hydrocarbures. Il va de soi que chaque jour où le détroit reste fermé, le marché pétrolier se tend davantage.
Certains pays du Golfe ont déjà dû ralentir leur activité. L’Irak a réduit la production au sein de l’un de ses principaux champs pétrolifères en début de semaine, et selon un article du Wall Street Journal, le Koweït «a commencé à réduire la production de certains champs pétrolifères après avoir épuisé ses capacités de stockage de pétrole brut».
Désormais, même si les exportations via Ormuz reprennent, «il y aura un décalage avant la reprise de la production», souligne le même expert. Pour prévenir d’éventuelles pénuries, la Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d’essence, selon l’agence Bloomberg. Cette décision inédite dans les annales de la planète pétrole accentue la pression sur les carburants, dont les prix ont connu, dès avant-hier, une hausse brutale.

Nadera Belkacemi

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