L’Enjeu vital de la maintenance des équipements des usines de dessalement
Le wali d’Oran a présidé la semaine dernière une importante réunion de travail consacrée à la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable tout le long des structures de la chaine de distribution du précieux liquide dans les robinets des habitants. Cette rencontre technique avait pour objectif d’examiner et de veiller au bon fonctionnement et à l’entretien permanent du système de connexion à l’énergie électrique de la station de pompage de Cap Blanc. C’est là en effet un des volets nécessitant une veille et une vigilance particulière.
Car le dessalement repose sur l’osmose inverse, un procédé très énergivore qui nécessite des pressions élevées et des équipements spécialisés. On sait que des chartes et des protocoles techniques sont élaborés, impliquant tous les intervenants concernés, dont les gestionnaires de la station, la société Sonelgaz de distribution de l’électricité, ainsi que la société de gestion de l’eau Seor. La présence du wali d’Oran a cette séance de travail sur la maintenance préventive des installations témoigne de la volonté des autorités locales de veiller au bon fonctionnement de tous les mécanismes mis en place pour garantir le bon fonctionnement du réseau de distribution d’eau potable à partir de la station de Cap Blanc.
D’autant plus que la ville d’Oran a connu dans un passé récent la triste épopée des baisses et des arrêts de livraison d’eau potable suite à des pannes techniques et des opérations de maintenance au niveau de la station d’El-Macta, considérée comme la plus grande de tout le continent avec une capacité théorique de 500 000 m³/jour destinée à alimenter Oran et certaines wilayas voisines. Mais durant de longues années, la station d’El-Macta n’a jamais atteint son plein potentiel.
Sa production a oscillé entre 200 000 et 230 000 m³/jour, soit, en certaines périodes, moins de la moitié de sa capacité maximale déclarée. La nouvelle station de Cap Blanc, d’une capacité théorique de 300 000 m³/jour est entrée en service récemment. Mais entre les capacités de production théoriques annoncées, et la réalité du terrain on observe souvent des écarts importants qui s’expliquent notamment par les arrêts techniques réguliers, l’usure des membranes d’osmose inverse, les opérations de maintenance lourde, et les contraintes énergétiques qui, selon les spécialistes constituent un véritable talon d’Achille du système de dessalement.
De nombreux arrêts temporaires ont été enregistrés ces dernières années par la station d’El-Macta. Des arrêts, dus à des opérations de maintenance, ayant entraîné des perturbations de l’alimentation en eau dans plusieurs communes et quartiers. Même les nouvelles installations ne sont donc pas totalement épargnées par les arrêts pour maintenance.
La station de Cap Blanc a connu récemment un arrêt préventif avant de redémarrer peu à peu à 50 000 m³/jour, bien loin de sa capacité nominale initiale. Le dessalement reste indéniablement l’option la plus réaliste pour les grandes villes comme Oran confrontées au stress hydrique. Mais le défi n’est plus seulement la réalisation des stations. Le véritable enjeu est désormais celui d’assurer leur maintenance permanente, d’améliorer leur rendement réel et de renforcer la résilience globale du système hydraulique.
Par S.Benali