EDITO

La guerre des mots

La guerre au Moyen-Orient entre demain dans son trentième jour. Autrement dit, cette guerre que l’on nous présentait comme expéditive, lors de son premier jour, le 28 février dernier, avec la mort des grands décideurs iraniens, à leur tête le guide suprême Ali Khamenei, dans une frappe aérienne, a déjà bouclé son premier mois. Depuis, le discours des agresseurs, sionistes comme américains, est toujours le même. L’iran a perdu et est au bord de la rupture.
Une autre couche de ce même discours a encore une fois été ajoutée par le président américain, Donald Trump, jeudi dernier. Pour le locataire de la Maison Blanche la guerre est quasiment pliée, car sinon comment interpréter autrement ses déclarations quand il dit textuellement “ l’Iran admet sa défaite, nous sommes le pire cauchemar de l”Iran”, ou plus encore quand il clame sans broncher “ l’Iran me supplie de signer un accord. Ils ont été anéantis en trois semaines”.
Du Trump tout craché qui ne fait pas dans la dentelle, en utilisant les mots les plus radicaux, au point de donner une impression pas tout à fait exact des réalités sur le terrain où les Iraniens ne paraissent pas si défaits que celà, et maintiennent leurs positions sur certains points, à l’exemple du détroit d’Ormuz où le transport maritime mondial est sous le contrôle total des forces de Téhéran. D’ailleurs, Trump, qui n’est pas à une contradiction près, a déclaré dans la même conférence de ce jeudi, avoir reçu un “cadeau” de l’Iran qui a autorisé le passage de dix pétroliers au détroit d’Ormuz. Il faut convenir que voir un pays anéanti se permettre et être encore capable de faire des cadeaux c’est un peu rare.
Ce même pays qui dans cette situation des plus chaotiques au Moyen-Orient a, à travers ses médias d’Etat, indiqué rejeter le plan américain. Plus encore, Téhéran menace de fermer un autre détroit après celui d’Ormuz. Il s’agit de celui de Bab el Mandeb. Une option qui, si elle se confirme, voudrait dire que l’Iran conserve encore des ressources lui permettant de dicter sa stratégie.
Mais on sait que cette guerre, au-delà de sa violence inouïe, est aussi une guerre de communication et de propagande. Et dans ce domaine on ne se refuse rien, même parfois des déclarations qui peuvent paraître des plus saugrenues. Et en cela, il est donc difficile de démêler tous les fils, et tout ne peut se vérifier réellement que lorsque les armes, toutes les armes se seront tues. Pour l’instant c’est une partie de poker menteur qui se joue à plusieurs niveaux.

Par Abdelmadjid Blidi

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page