Oran Aujourd'hui

Eau potable : le défi et les enjeux des missions d’entretien

Il fut un temps, pas si lointain, où les habitants d’Oran attendaient la pluie. Non seulement pour faire face à une dure période de sécheresse menaçant les cultures, mais aussi pour espérer le remplissage des barrages de l’arrière-pays et la montée de la nappe phréatique pour les forages. Puis un jour on a annoncé que la solution se trouvait depuis toujours, juste devant la ville: la mer.
Aujourd’hui, l’alimentation en eau potable dépend désormais largement du fonctionnement des usines de dessalement, de grandes installations industrielles implantées en bord de mer. Quand elles ralentissent ou s’arrêtent, Oran ralentit avec elles. La distribution d’eau potable redevient hésitante. Les réservoirs se vident plus vite. Et les habitants recommencent à compter les jours.
Comme autrefois. Ce fut le cas en début de semaine quand on a annoncé un arrêt pour maintenance programmée à la grande station de dessalement d’El Mactaâ. Un arrêt de production qui a entraîné une coupure de l’alimentation en eau potable durant trois jours dans les grands quartiers d’habitat à l’est de la ville. Selon le directeur de la Société de l’eau et de l’assainissement d’Oran (SEOR), cet arrêt technique de 72 heures a été accompagné par un réaménagement des livraisons devant réduire l’impact de l’arrêt total de production de cette infrastructure stratégique.
Les perturbations ont touché principalement les daïras de l’est de la wilaya ainsi que des agglomérations et des quartier à l’est de la commune d’Oran.Le même responsable a souligné que la station d’El Mactaâ assure à elle seule l’alimentation de plus de 60 % de la population de la wilaya, ce qui illustre l’ampleur des ajustements devant être opérés durant cette période d’arrêt dite de maintenance programmée. L’usine de dessalement d’El Mactaâ est l’unité de production la plus importante parmi les quatre que compte la wilaya.
Le même responsable a précisé que “la SEOR a mobilisé ses équipes pour optimiser la gestion des volumes disponibles” à travers des opérations préalables de remplissage des réservoirs et la priorisation de l’alimentation des structures sensibles, telles que les établissements de santé et les services publics. Alors que les travaux touchent à leur terme, la remise en service de la station devrait intervenir progressivement à partir de ce mercredi. Certains quartiers, comme la grande zone d’habitat de l’Usto et les cités mitoyennes ont donc subi un arrêt total de livraison d’eau potable d’un peu plus de quatre jours.
La SEOR avait également indiqué que des moyens alternatifs auraient été déployés pour atténuer les effets de ces perturbations dans les zones les plus touchées, ajoutant «cet arrêt a été mis à profit pour réaliser des interventions complémentaires sur certaines installations du réseau de transfert et de distribution». Une démarche, a-t-on précisé, «d’anticipation et de sécurisation» de l’alimentation en eau potable, notamment à l’approche de la saison estivale”. Des annonces qui ne semblent pas avoir réconfortés les commentateurs sur les réseaux sociaux, surtout quand ils apprennent que «le programme de distribution habituel sera rétabli de manière graduelle, après vérification complète des équipements et reprise de la production».
Une évidence enveloppée par une forme d’incertitude liée à un programme de maintenance préventive devant garantir la continuité de l’alimentation en eau potable sur l’ensemble du territoire de la wilaya.

Par S.Benali

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