
Le ministre de l’Intérieur, Said Sayoud, depuis hier à Paris — Algérie-France : un pas de plus vers la normalisation
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, M. Saïd Sayoud, est arrivé, lundi, à Paris pour une visite de travail à l’invitation du ministre français de l’Intérieur, M. Laurent Nunez, indique un communiqué du ministère. Accompagné d’une importante délégation de haut niveau, M. Sayoud a été accueilli, à son arrivée à Paris, par son homologue français.
Cette visite intervient à l’invitation de M. Nunez, après la visite effectuée par ce dernier en Algérie, les 16 et 17 février 2026, souligne le communiqué, ajoutant que les deux parties entameront le programme de travail établi.
La visite, hier, en fin de matinée, de Saïd Sayoud, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, à Paris, marque une étape importante dans le processus de réchauffement des relations politiques entre l’Algérie et la France. Accueilli à l’aéroport parisien de Roissy par son homologue français Laurent Nuñez, M. Sayoud est arrivé dans un contexte où les deux pays tentent de renouer un dialogue constructif après une période de forte tension.
Ce rapprochement intervient après une crise diplomatique qui a marqué les relations algéro-françaises, qui ont connu une crise, en juillet 2024, suite à la décision du président Emmanuel Macron de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. La crise s’est ensuite traduite par une série de mesures diplomatiques, notamment la suspension de certains échanges bilatéraux et une montée des tensions diplomatiques, notamment dans la période où Bruno Retailleau était ministre de l’Intérieur, affectant la coopération dans plusieurs domaines.
Face à cette situation, plusieurs acteurs français ont joué un rôle clé dans la relance du dialogue. Parmi eux, Ségolène Royal, ancienne ministre française et présidente de l’association France-Algérie, a déployé une énergie particulière pour favoriser le dialogue et la compréhension mutuelle. Son engagement s’inscrit dans une démarche personnelle et diplomatique visant à renforcer les liens entre l’Algérie et la France, en particulier dans une période où la stabilité régionale dépend aussi d’un dialogue apaisé entre les deux pays.
Le déplacement de Saïd Sayoud, premier ministre algérien de ce rang en France depuis plus de deux ans, est une étape concrète de cette dynamique de réchauffement. La délégation algérienne s’est retrouvée au siège du ministère français de l’Intérieur pour des discussions centrées sur la sécurité, la lutte contre la criminalité organisée, ainsi que sur les questions migratoires et de sécurité civile. Ces réunions témoignent d’une volonté commune de dépasser les différends passés et de construire une relation basée sur la confiance et le respect mutuel. Les déclarations de Gérald Darmanin, ministre français de la justice, aux médias français sont jugées encourageantes par les observateurs de la scène algéro-française, pour ce qui concerne les demandes d’extradition présentées par Alger à l’encontre d’Algériens condamnés en Algérie et en situation de fuite en France.
Ce déplacement, s’inscrivant dans la lignée du voyage de Laurent Nuñez en février dernier, confirme la volonté des deux pays de maintenir un dialogue ouvert et sincère sur tout le spectre de la coopération entre Alger et Paris. Avant cette visite de Said Sayoud à Paris, d’autres membres du gouvernement français, Alice Rufo et Gérald Darmanin, respectivement ministre déléguée aux armée et ministre de la Justice, ont effectué des visites en Algérie, témoignant d’un effort soutenu pour renouer le contact.
Au cœur de cette dynamique, on retient des contacts diplomatiques discrets qui, accompagnés par l’initiative de Mme Royal, a eu un effet de catalyseur essentiel pour encourager la réconciliation et la reconstruction d’un partenariat stratégique. Les engagements politiques d’un côté comme de l’autre, de la Méditerranée ont permis d’insuffler un nouvel élan à la relation algéro-française, en dépit des différends passés.
Ainsi, cette visite marque non seulement un pas vers la normalisation des relations, mais aussi l’aboutissement d’un travail diplomatique discret mais déterminé, où des figures comme Ségolène Royal jouent un rôle clé dans la préservation des liens historiques et dans la construction d’un avenir commun plus serein.
Anissa Mesdouf



