Baccalauréat : J-3
Nous sommes à quelques jours de la fin de l’année scolaire 2025-2026, bien que celle-ci se soit formellement clôturée, il y a plus de deux semaines. Mais, c’est bien connu en Algérie, tant que la reine des épreuves, celle du baccalauréat, n’a pas encore débuté, les millions de parents d’élèves restent dans le stress traditionnel d’une fin d’année, également fin du cycle scolaire. En cela le baccalauréat est l’événement de l’année par excellence. A trois jours du début des épreuves du bac 2026, on peut mesurer ledit stress. L’enjeu est de taille : l’accès à l’université. Et c’est ce qu’il y a de plus important pour un père et une mère en Algérie. Ce premier grand diplôme restera pour quelques centaines de milliers de lycéens un vrai sésame. Il restera aussi, l’angoisse des sujets que proposeront les examinateurs. Ensuite, celui de l’attente du résultat.
Pour les parents, ce moment revêt une dimension double. Il ya d’un côté, la fierté d’avoir accompagné et soutenu le garçon ou la fille jusqu’aux portes de l’université. De l’autre, l’angoisse sourde d’un avenir qui peut se brouiller d’un seul choix manqué. On les voit, ces mères et ces pères, préparer les repas , organiser les trajets, calculer les sorties autorisées et les moments de repos, tout en surveillant les signaux d’épuisement chez leurs enfants. Le bac n’est pas qu’un examen, c’est une démonstration collective que la société croit encore en l’éducation comme levier de justice et de progrès.
La dimension sociale et sociétale voire profondément humaine, au regard de l’importance qu’accorde la famille algérienne au bac, ne peut être passée sous silence. Chaque réussite devient une petite victoire citoyenne, mais chaque échec potentiel porte en lui une poussière d’injustice qui gagnerait à être adoucie par des politiques publiques plus audacieuses et plus humaines.
Pour l’élève, l’enjeu est de garder l’équilibre entre ambition et réalité, entre pression et caprice de jeunesse. Comment transformer le stress en énergie créatrice, concevoir que l’épreuve n’est pas une fin mais une étape, un levier pour explorer des choix qui ne se réduisent pas à des chiffres ou à des classements. Il y a là une invitation à reconsidérer le rôle de l’épreuve, à savoir que ce n’est pas une simple vérification de connaissances, mais une opportunité de démontrer sa capacité à raisonner, à persévérer et à se projeter.
Et au-delà des murs des lycées, ce bac est une respiration pour le pays. Il accorde un temps de réflexion sur le système éducatif national, sur les réformes à conduire, sur les formations qui devront répondre demain aux besoins de la jeunesse et de l’économie. Disons-le donc franchement, ce bac est le tremplin d’un avenir meilleur, pour chaque candidat, pour chaque famille, pour l’Algérie entière. Et que les résultats, qu’on les attend avec patience ou qu’on en redemande, portent avant tout la marque de la dignité retrouvée et du travail partagé.
Par Nabil.G