Une situation ouverte sur tous les scénarios
Ce n’est ni tout à fait la guerre, ni tout à fait la paix, ni même une trêve complète. La guerre au Moyen-Orient semble s’être figée dans une zone grise qui pourrait déboucher sur toutes les probabilités et les possibilités. C’est la posture de l’attente. Les plus alarmistes diront que c’est le calme qui précède la tempête, et les plus optimistes y voient une volonté des belligérants de temporiser pour, peut-être, aller vers une reprise des pourparlers et mettre fin à cette guerre.
Les dernières informations pourraient, à première vue, faire pencher la balance du côté optimiste, puisque certains médias parlent d’une proposition iranienne, relayée par le médiateur pakistanais, de la disposition de Teheran de rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation et au commerce maritime. Proposition que les Iraniens jugent comme l’étape par laquelle devront passer les pourparlers avant d’arriver à la conclusion d’un accord mettant définitivement fin à la guerre.
Les Américains de leur côté tout en estimant que pour les détroits sont « des voies navigables internationales. Ils ne peuvent pas normaliser, et nous ne pouvons pas tolérer, un système dans lequel les Iraniens décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut payer pour y accéder », ont-ils indiqué à travers leur secrétaire d’État « Nous devons veiller à ce que tout accord conclu empêche définitivement l’Iran de se lancer à tout moment dans une course vers l’arme nucléaire.» Les Iraniens, estiment de leur côté, que les Américains ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes, et que Washington doit renoncer à ses exigences illégales et irrationnelles».
Mais en attendant de reprendre langue, beaucoup pensent savoir que la reprise des bombardements contre l’Iran est imminente, avançant même que Trump aurait déjà pris sa décision, après une réunion de crise avec son conseil de sécurité, organisée lundi à la Maison Blanche. En plus de ces données internationales et leurs récents développements, il ne faut pas occulter un fait d’une grande importance survenu à l’intérieur même des États-Unis avec cette tentative d’assassinat sur Donald Trump, et son échec, qui redonne cette stature d’un homme “ protégé par les cieux”. Un épisode que mettra à profit le locataire de la Maison Blanche pour rehausser son image et regagner les appuis perdus qui l’ont fait dégringoler dans les sondages.
Il se présentera encore une fois comme un homme protégé par la divinité et qui dans ses décisions est guidé par une force divine. Et c’est ce qui marche au sein de sa base et de ses soutiens qui sont de fervents croyants. En attendant, le Moyen-Orient est bien loin de sortir d’une crise qui laissera fatalement des traces pendant de longues années.
Par Abdelmadjid Blidi