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Hypertension pulmonaire ou la pathologie rare : l’EHU tire la sonnette d’alarme

À l’Établissement hospitalier universitaire 1er Novembre 1954, l’hypertension artérielle pulmonaire s’impose comme un enjeu médical préoccupant. Pas moins de 82 patients y sont actuellement suivis, illustrant la progression discrète d’une maladie rare, souvent diagnostiquée tardivement en raison de symptômes peu spécifiques.

Cette pathologie, caractérisée par une élévation anormale de la pression dans les artères pulmonaires, demeure difficile à identifier à ses débuts. Les spécialistes alertent sur son évolution silencieuse: les premiers signes, notamment un essoufflement à l’effort, apparaissent généralement après plusieurs mois, retardant ainsi la prise en charge. Face à cette problématique, l’EHU a organisé une session scientifique dédiée au dépistage précoce et aux stratégies thérapeutiques.
Inscrite dans le cadre des quatrièmes journées de formation médicale, cette rencontre a rassemblé cardiologues et pneumologues autour d’un objectif central : améliorer les capacités de diagnostic et affiner le suivi des patients. Le professeur Aïssa Ouardi, responsable du service des maladies respiratoires, souligne que le suivi des patients repose sur une surveillance rigoureuse et des examens spécialisés. Depuis 2021, son service assure un accompagnement continu des cas recensés, insistant sur la nécessité d’une vigilance accrue face à une maladie aux manifestations trompeuses. Sur le plan diagnostique, les examens de première intention incluent la radiographie thoracique, l’électrocardiogramme et l’échocardiographie. Toutefois, seul le cathétérisme cardiaque permet de confirmer définitivement la maladie et d’en mesurer la gravité. Cette étape demeure déterminante pour orienter la prise en charge. La professeure Nadia Benatta, cheffe du service de cardiologie, rappelle que la précision du diagnostic conditionne l’efficacité du traitement. Celui-ci repose principalement sur des thérapies ciblées visant à dilater les artères pulmonaires et à améliorer la qualité de vie des patients. Au-delà de l’aspect clinique, ces journées de formation visent à renforcer les compétences des praticiens, notamment les plus jeunes. Elles permettent également de diffuser les recommandations internationales et de promouvoir les approches thérapeutiques modernes. Les spécialistes s’accordent sur un constat: la lutte contre l’hypertension pulmonaire passe avant tout par un dépistage précoce et une formation continue. Dans un contexte où les symptômes peuvent prêter à confusion avec d’autres pathologies, l’enjeu est de réduire les retards diagnostiques afin d’améliorer significativement le pronostic des patients.

Yacine Redjami

 

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