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Le chaud et le froid

Le chaud et le froid

Le ton du président américain, Donald Trump, devient de plus en plus nuancé, même si avec le personnage on ne peut jurer de rien. On l’a vu et vérifié. Il peut dire une chose et son contraire le même jour, comme il peut faire, le soir, le contraire de ce qu’il a dit le matin. Le personnage est, selon tous les experts, imprévisible et assez clivant à plusieurs égards.
Quoi qu’il en soit, son discours ces derniers temps semble plus mesuré, et l’homme si pressé et si arrogant qu’il était, paraît plus calme et tempéré. Ainsi pour Trump, la stratégie envers l’Iran a changé, puisqu’il a déclaré à un média américain «Nous ne faisons que semi-négocier avec eux. Nous nous contentons d’observer l’Iran, avec son inflation galopante et le fait qu’il n’a plus d’argent».
Lui qui avait habitué le monde à un discours guerrier, et avait ordonné une succession de frappes, menaçant même de réduire l’Iran en cendres et de le raser de la carte, prend tout son monde à contre-pied et ne fait plus aucune référence à la «force destructrice de l’armée américaine». Désormais, il veut vendre une autre vision. Celle d”un Iran qui se consume de l’intérieur et dont le régime est chancelant face aux grands problèmes économiques auxquels il fait face.
Se posent alors, aujourd’hui, deux questions importantes. Trump a-t- il vraiment fait le choix d’asphyxier économiquement l’Iran et considère que le pays est en train de couler? Ou alors, ce même Trump, est-il arrivé à la conclusion que cette guerre est partie pour durer? Et comme il est certain qu’il n’engagera pas de troupes au sol, alors le choix aurait été fait de laisser la situation en l’état et d’aller voir ailleurs. Du côté de Cuba par exemple.
Car il est clair que dans ce conflit iranien, rien n’a marché comme prévu. À l’exception du premier jour de l’offensive américano-israélienne où plusieurs chefs militaires, politiques et religieux ont été éliminés, dont le guide suprême Ali Khamenei. Les Etats-Unis, depuis, font du sur place et ont même créé un autre problème qui n’existait pas avant le 28 février, à savoir le blocage du détroit d’Ormuz.
Un dilemme que Trump n’a jamais pu régler et qui lui colle comme un sparadrap. Pourtant il a tout tenté pour reprendre le contrôle du détroit et le présenter comme la plus grande de ses victoires.
Mais en face les Iraniens ne veulent rien lâcher et les gardiens de la révolution, l’ont encore une fois martelée «L’ennemi a concentré tous ses efforts sur l’ouverture du détroit d’Ormuz et maintenant ce détroit est en réalité pour nous un théâtre de guerre et plus seulement une voie maritime. Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu’à ce que l’ennemi accepte toutes nos conditions.»
La guerre est loin d’être finie et Trump doit encore trouver la sortie qui pourrait enfin le sauver et sauver sa gestion catastrophique d’un conflit qui semble le dépasser.
— Par Abdelmadjid Blidi

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