EDITO

De bien tristes perspectives

De bien tristes perspectives

La guerre monte crescendo au Moyen-Orient. Américains et Iraniens se rendent coup pour coup, après une accalmie qui aura duré près d’un mois. Une accalmie que le président Donald Trump avait expliqué par un changement de stratégie, où il avait décidé d’imposer de lourdes sanctions économiques et financières contre Téhéran. Des sanctions, qui à ses yeux, étaient bien plus efficaces que toutes les frappes et les bombes.
Un changement qui en définitive n’a pas tenu trop longtemps, puisque le locataire de la Maison Blanche avait décidé le 30 août dernier de frapper l’Iran pour, avait expliqué l’armée américaine, empêcher des roquettes chargées de mines marines d’être tirées dans le détroit d’Ormuz. Un acte qui allait donc signer le retour des hostilités auxquelles, et comme à chaque fois, ne pouvaient échapper les pays de la région.
Cette guerre qui avait, pour rappel, commencé le 28 février dernier, après les attaques israélo-américaines, semble s’installer comme une guerre longue malgré les assurances de Trump qui parlait au début d’une excursion. Il faut dire que le président américain avait cru l’affaire pliée pratiquement dès le premier jour, où les frappes avaient décimé tout le commandement militaire, politique et surtout religieux iranien avec notamment la mort du guide suprême Ali Khamenei. C’était un peu l’idéal qu’avait vendu le criminel Netanyahou à son allié américain.
Mais la suite n’allait rien avoir d’une excursion, puisque l’Iran allait faire preuve d’une résilience qui a secoué les convictions militaires américaines et sérieusement déstabilisé l’administration de Trump, jusqu’à y creuser certaines fissures entre ses principaux responsables, à l’image du vice-président JD Vance qui, en bon chef MAGA, a montré des réticences face à une guerre qui semblait s’installer dans le temps et perturber le calendrier électoral des Républicains.
De son côté, et comme à son habitude, Trump veut détourner les regards. Cette fois il a décidé d’envoyer ses émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff à Moscou et à Kiev pour parler de paix et mettre fin à cette autre guerre. Lui qui, pendant ce temps-là, continue sa guerre en Iran, mettant en péril toute une région qui connaît l’un de ses moments les plus incertains et les plus dangereux. Un conflit qui menace de laisser des traces pour longtemps dans un Moyen-Orient qui s’éloigne de plus en plus de la paix et se rapproche d’un embrasement général. Trump qui est déjà arrivé à mi-mandat, risque de quitter la Maison Blanche en laissant derrière lui un Moyen-Orient en feu et en sang au grand désespoir des peuples de la région.
— Par Abdelmadjid Blidi

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page