Oran Aujourd'hui
La ville à la reconquête de ses espaces publics : le plus difficile reste à faire…
La ville à la reconquête de ses espaces publics : le plus difficile reste à faire…
Une ville se juge rarement à la hauteur de ses immeubles ou à la largeur de ses boulevards. Elle se révèle davantage dans la qualité de ses places publiques, de ses trottoirs, de ses jardins, de ses façades et de tous ces espaces où les citoyens vivent, circulent et se rencontrent. Ces lieux constituent la première image que renvoie une ville, aussi bien à ses habitants qu’à ses visiteurs. Or, pendant longtemps, Oran a souffert d’une lente dégradation de ces espaces communs, progressivement livrés aux occupations anarchiques, aux dégradations, à l’incivisme et à un manque d’entretien chronique. Depuis plusieurs mois cependant, le paysage urbain semble évoluer. Les chantiers se succèdent sur les principaux axes de la ville. L’avenue Emir Abdelkader, le rond-point El Bahia, plusieurs boulevards structurants ainsi que diverses places publiques font l’objet d’opérations de réhabilitation destinées à améliorer la circulation, embellir l’environnement urbain et redonner davantage de cohérence aux espaces publics. Dans le même temps, les campagnes de nettoyage, l’entretien des espaces verts et les opérations de libération des trottoirs témoignent d’une volonté clairement affichée de remettre de l’ordre dans la gestion urbaine. Cette dynamique mérite d’être saluée. Elle traduit une évolution de la gouvernance locale où le cadre de vie n’est plus considéré comme un simple aspect secondaire, mais comme une composante essentielle du développement urbain. Une métropole moderne ne peut prétendre attirer les investissements, le tourisme ou les activités culturelles si ses espaces publics demeurent dégradés ou livrés à l’anarchie.
Pour autant, la requalification d’une ville ne se limite pas à refaire des trottoirs ou à poser un nouveau mobilier urbain. Le véritable chantier est ailleurs : il concerne la manière dont ces espaces seront ensuite préservés. Les exemples ne manquent pas. Ici, un trottoir fraîchement réalisé est rapidement éventré pour des travaux de réseaux. Là, une place récemment aménagée devient un parking improvisé. Plus loin, des matériaux de construction occupent de nouveau le domaine public, tandis que des devantures commerciales débordent largement sur les espaces réservés aux piétons. Les campagnes de nettoyage se succèdent, mais certains points noirs réapparaissent quelques semaines plus tard, comme si les mauvaises habitudes résistaient à toutes les opérations de remise en ordre. Cette situation révèle une réalité souvent ignorée : la qualité urbaine dépend autant des comportements que des investissements. L’administration peut rénover, contrôler et aménager. Elle ne pourra jamais, à elle seule, garantir la propreté, le respect des espaces publics ou la préservation des équipements collectifs.
L’autre défi réside dans la continuité de l’action publique. Les opérations d’embellissement gagnent à être accompagnées d’une véritable politique de maintenance. Un jardin ne vit pas sans entretien. Un éclairage public nécessite un suivi permanent. Les trottoirs, les plantations et le mobilier urbain doivent faire l’objet d’interventions régulières. Trop souvent, par le passé, des réalisations de qualité ont perdu leur attrait faute d’un entretien durable. La coordination entre les différents services demeure également un enjeu majeur. Il est difficilement acceptable de voir une chaussée neuve ouverte quelques semaines après sa livraison pour permettre l’intervention d’un autre concessionnaire. La modernisation de la ville passe aussi par une meilleure planification des travaux et une coopération plus étroite entre les différents acteurs de l’aménagement urbain.
Oran possède des atouts que peu de villes algériennes peuvent revendiquer : un front de mer exceptionnel, un patrimoine architectural remarquable, des places historiques, des jardins, des boulevards emblématiques et un potentiel touristique considérable. Préserver et valoriser ces richesses constitue bien davantage qu’un simple exercice d’esthétique. Il s’agit d’un véritable investissement dans l’attractivité économique et dans la qualité de vie. Les efforts actuellement engagés montrent que les autorités locales semblent avoir pris la mesure de cet enjeu. Mais la reconquête des espaces publics ne sera pleinement réussie que lorsqu’elle deviendra une responsabilité partagée. Et c’est sans doute là que commence la véritable modernisation : lorsque le respect de l’espace commun devient un réflexe citoyen autant qu’une exigence de bonne gouvernance.
Pour autant, la requalification d’une ville ne se limite pas à refaire des trottoirs ou à poser un nouveau mobilier urbain. Le véritable chantier est ailleurs : il concerne la manière dont ces espaces seront ensuite préservés. Les exemples ne manquent pas. Ici, un trottoir fraîchement réalisé est rapidement éventré pour des travaux de réseaux. Là, une place récemment aménagée devient un parking improvisé. Plus loin, des matériaux de construction occupent de nouveau le domaine public, tandis que des devantures commerciales débordent largement sur les espaces réservés aux piétons. Les campagnes de nettoyage se succèdent, mais certains points noirs réapparaissent quelques semaines plus tard, comme si les mauvaises habitudes résistaient à toutes les opérations de remise en ordre. Cette situation révèle une réalité souvent ignorée : la qualité urbaine dépend autant des comportements que des investissements. L’administration peut rénover, contrôler et aménager. Elle ne pourra jamais, à elle seule, garantir la propreté, le respect des espaces publics ou la préservation des équipements collectifs.
L’autre défi réside dans la continuité de l’action publique. Les opérations d’embellissement gagnent à être accompagnées d’une véritable politique de maintenance. Un jardin ne vit pas sans entretien. Un éclairage public nécessite un suivi permanent. Les trottoirs, les plantations et le mobilier urbain doivent faire l’objet d’interventions régulières. Trop souvent, par le passé, des réalisations de qualité ont perdu leur attrait faute d’un entretien durable. La coordination entre les différents services demeure également un enjeu majeur. Il est difficilement acceptable de voir une chaussée neuve ouverte quelques semaines après sa livraison pour permettre l’intervention d’un autre concessionnaire. La modernisation de la ville passe aussi par une meilleure planification des travaux et une coopération plus étroite entre les différents acteurs de l’aménagement urbain.
Oran possède des atouts que peu de villes algériennes peuvent revendiquer : un front de mer exceptionnel, un patrimoine architectural remarquable, des places historiques, des jardins, des boulevards emblématiques et un potentiel touristique considérable. Préserver et valoriser ces richesses constitue bien davantage qu’un simple exercice d’esthétique. Il s’agit d’un véritable investissement dans l’attractivité économique et dans la qualité de vie. Les efforts actuellement engagés montrent que les autorités locales semblent avoir pris la mesure de cet enjeu. Mais la reconquête des espaces publics ne sera pleinement réussie que lorsqu’elle deviendra une responsabilité partagée. Et c’est sans doute là que commence la véritable modernisation : lorsque le respect de l’espace commun devient un réflexe citoyen autant qu’une exigence de bonne gouvernance.
— Par S.Benali