Oran Aujourd'hui
Cités d’habitat et résidences urbaines : le grand défi du vivre-ensemble
Cités d’habitat et résidences urbaines : le grand défi du vivre-ensemble
L’ordre urbain ne se résume pas seulement au revêtement des chaussées, ni au ravalement des façades, ni à la modernisation des équipements publics. Il se construit aussi, et peut-être surtout, dans ces espaces communs où les citoyens se croisent quotidiennement : parkings, halls d’immeubles, cages d’escaliers, ascenseurs, cours intérieures ou jardins résidentiels. C’est précisément sur ce terrain du vivre-ensemble que persistent aujourd’hui de nombreuses fragilités dans les cités d’habitat collectif oranaises. Notre confrère à Ouest Tribune rapportait récemment les tensions récurrentes qui opposent riverains, locataires et visiteurs autour des places de stationnement dans plusieurs résidences d’Aïn El Turck.
Ce qui pouvait sembler n’être qu’un simple conflit de voisinage révèle en réalité une problématique bien plus profonde : l’absence de règles collectives clairement établies et respectées dans la gestion des espaces communs. Le phénomène dépasse largement les limites de cette commune balnéaire.
Dans de nombreuses nouvelles promotions immobilières d’Oran, mais aussi dans des ensembles plus anciens comme l’USTO, les HLM ou encore certaines cités des quartiers périphériques, les mêmes scènes se répètent. Chacun revendique un droit de priorité sur quelques mètres carrés de stationnement, parfois au nom de la propriété du logement, parfois au titre d’une occupation ancienne des lieux. Les discussions s’enveniment, les incivilités se multiplient et les relations de voisinage se dégradent progressivement.
Depuis quelques années, Oran connaît un essor remarquable des promotions immobilières qui attirent de nouveaux habitants et accompagnent l’expansion urbaine de la ville. Ce développement, porteur d’un réel potentiel économique et social, a cependant fait apparaître des difficultés auxquelles les programmes résidentiels n’ont pas toujours su répondre. La cause du problème ne réside pas uniquement dans la revendication, par chacun, d’un supposé droit sur une place de stationnement.
Elle trouve également son origine dans la conception même de nombreuses résidences. L’étroitesse des espaces communs, l’insuffisance des aires de stationnement, l’absence de garages ou de parkings réellement adaptés au nombre de logements, ainsi que la réduction des espaces verts et de convivialité, constituent autant de facteurs qui alimentent les tensions quotidiennes.
Ces insuffisances résultent parfois d’une logique où la rapidité d’exécution et la rentabilité des projets ont pris le pas sur les exigences d’un urbanisme durable, capable d’anticiper les besoins réels des futurs habitants. Plus préoccupant encore est le contraste entre cette énergie déployée pour défendre une place de parking et la relative passivité face à la dégradation du patrimoine commun. Combien d’ascenseurs demeurent régulièrement immobilisés après des actes de vandalisme ou le vol de simples composants techniques ? Combien de halls d’immeubles, d’escaliers, d’éclairages ou d’espaces verts continuent de se détériorer sans qu’une mobilisation collective ne voie le jour ? Les premières victimes restent les personnes âgées, les malades ou les familles avec enfants, contraintes d’affronter quotidiennement les conséquences de ces dysfonctionnements.
Pourtant, les autorités locales multiplient actuellement les initiatives destinées à restaurer l’ordre urbain. Les campagnes de nettoyage, la lutte contre les constructions illicites, les opérations d’embellissement, la réhabilitation des espaces publics ou encore les programmes de rénovation du patrimoine bâti témoignent d’une volonté réelle de redonner aux villes un cadre de vie plus digne et plus harmonieux. Mais ces efforts institutionnels gagneraient à être accompagnés d’une véritable culture de la gestion participative des résidences. Beaucoup d’immeubles ne disposent toujours ni d’un comité de copropriété réellement actif, ni d’un règlement intérieur appliqué, ni même d’un simple recensement actualisé des occupants.
L’élaboration de chartes de bon voisinage, l’organisation concertée des stationnements, la désignation de représentants des résidents ou la médiation de proximité permettraient pourtant de prévenir une grande partie des conflits. On oublie souvent que le patrimoine urbain ne se limite pas aux seuls monuments classés. Il englobe aussi les immeubles ordinaires où vivent des milliers de familles. Les espaces communs constituent un bien collectif dont chacun est à la fois bénéficiaire et gardien. La qualité de la ville se mesure finalement moins à la beauté de ses façades qu’à la capacité de ses habitants à partager, gérer et préserver ensemble ce qui leur appartient en commun.
Ce qui pouvait sembler n’être qu’un simple conflit de voisinage révèle en réalité une problématique bien plus profonde : l’absence de règles collectives clairement établies et respectées dans la gestion des espaces communs. Le phénomène dépasse largement les limites de cette commune balnéaire.
Dans de nombreuses nouvelles promotions immobilières d’Oran, mais aussi dans des ensembles plus anciens comme l’USTO, les HLM ou encore certaines cités des quartiers périphériques, les mêmes scènes se répètent. Chacun revendique un droit de priorité sur quelques mètres carrés de stationnement, parfois au nom de la propriété du logement, parfois au titre d’une occupation ancienne des lieux. Les discussions s’enveniment, les incivilités se multiplient et les relations de voisinage se dégradent progressivement.
Depuis quelques années, Oran connaît un essor remarquable des promotions immobilières qui attirent de nouveaux habitants et accompagnent l’expansion urbaine de la ville. Ce développement, porteur d’un réel potentiel économique et social, a cependant fait apparaître des difficultés auxquelles les programmes résidentiels n’ont pas toujours su répondre. La cause du problème ne réside pas uniquement dans la revendication, par chacun, d’un supposé droit sur une place de stationnement.
Elle trouve également son origine dans la conception même de nombreuses résidences. L’étroitesse des espaces communs, l’insuffisance des aires de stationnement, l’absence de garages ou de parkings réellement adaptés au nombre de logements, ainsi que la réduction des espaces verts et de convivialité, constituent autant de facteurs qui alimentent les tensions quotidiennes.
Ces insuffisances résultent parfois d’une logique où la rapidité d’exécution et la rentabilité des projets ont pris le pas sur les exigences d’un urbanisme durable, capable d’anticiper les besoins réels des futurs habitants. Plus préoccupant encore est le contraste entre cette énergie déployée pour défendre une place de parking et la relative passivité face à la dégradation du patrimoine commun. Combien d’ascenseurs demeurent régulièrement immobilisés après des actes de vandalisme ou le vol de simples composants techniques ? Combien de halls d’immeubles, d’escaliers, d’éclairages ou d’espaces verts continuent de se détériorer sans qu’une mobilisation collective ne voie le jour ? Les premières victimes restent les personnes âgées, les malades ou les familles avec enfants, contraintes d’affronter quotidiennement les conséquences de ces dysfonctionnements.
Pourtant, les autorités locales multiplient actuellement les initiatives destinées à restaurer l’ordre urbain. Les campagnes de nettoyage, la lutte contre les constructions illicites, les opérations d’embellissement, la réhabilitation des espaces publics ou encore les programmes de rénovation du patrimoine bâti témoignent d’une volonté réelle de redonner aux villes un cadre de vie plus digne et plus harmonieux. Mais ces efforts institutionnels gagneraient à être accompagnés d’une véritable culture de la gestion participative des résidences. Beaucoup d’immeubles ne disposent toujours ni d’un comité de copropriété réellement actif, ni d’un règlement intérieur appliqué, ni même d’un simple recensement actualisé des occupants.
L’élaboration de chartes de bon voisinage, l’organisation concertée des stationnements, la désignation de représentants des résidents ou la médiation de proximité permettraient pourtant de prévenir une grande partie des conflits. On oublie souvent que le patrimoine urbain ne se limite pas aux seuls monuments classés. Il englobe aussi les immeubles ordinaires où vivent des milliers de familles. Les espaces communs constituent un bien collectif dont chacun est à la fois bénéficiaire et gardien. La qualité de la ville se mesure finalement moins à la beauté de ses façades qu’à la capacité de ses habitants à partager, gérer et préserver ensemble ce qui leur appartient en commun.
— Par S.Benali