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Projet d’extension et de modernisation du port d’Arzew : des signes sérieux d’une relance

Projet d’extension et de modernisation du port d’Arzew : des signes sérieux d’une relance

Pendant des décennies, le port d’Arzew a incarné la puissance énergétique de l’Algérie. Porte d’exportation du gaz naturel liquéfié, plateforme stratégique de la pétrochimie, il a longtemps fait figure de vitrine économique du pays. Pourtant, derrière cette image prestigieuse, un autre chantier s’est progressivement imposé : celui de sa propre modernisation. Annoncée à plusieurs reprises, repoussée au gré des contraintes financières, administratives ou techniques, l’extension du port est devenue l’un de ces grands projets dont les Oranais entendent parler depuis si longtemps qu’ils finissent par douter de leur concrétisation. L’annonce récente d’une importante opération de dragage, dotée d’une enveloppe de 716 millions de dinars, redonne cependant un certain espoir.
Le dragage est loin d’être un simple travail d’entretien. Il constitue souvent la première étape indispensable avant toute extension portuaire d’envergure. En restaurant les profondeurs nécessaires à l’accueil de navires de plus fort tonnage, il prépare le terrain aux investissements futurs. Le programme annoncé est ambitieux. Il prévoit un nouveau quai de 200 mètres destiné principalement aux grands navires de pêche afin de mieux organiser les espaces portuaires en séparant les activités halieutiques de la plaisance. Plus important encore, deux quais spécialisés dans la réparation navale devraient permettre l’accueil de navires de grande taille, avec six ateliers modernes au profit de l’Entreprise nationale de construction et de réparation navales.
À cela s’ajoute le futur quai commercial «Môle 5», long de 1.200 mètres, appelé à devenir un véritable levier pour l’exportation de l’urée, des produits sidérurgiques et le développement du trafic conteneurisé. Sur le papier, tous les ingrédients d’une véritable renaissance sont réunis. Le port d’Arzew lui-même n’a pas échappé à cette culture des délais. Les études se sont succédé, les annonces également, tandis que les contraintes foncières, les procédures administratives complexes, les arbitrages budgétaires et parfois la faible coordination entre les différents intervenants ralentissaient l’avancement des opérations. Pendant ce temps, la concurrence régionale poursuivait sa modernisation, accentuant la nécessité pour Arzew de retrouver toute sa compétitivité. Pourtant, il serait injuste d’ignorer les efforts actuellement engagés par les pouvoirs publics pour rétablir davantage d’ordre dans la gestion urbaine et économique.
Les opérations de récupération du foncier, la lutte contre les constructions illicites, la réhabilitation des infrastructures, la remise en état des réseaux routiers ou encore les nombreuses actions de nettoyage témoignent d’une volonté de redonner de la cohérence à l’action publique. Cette dynamique mérite d’être saluée. Mais la réussite d’un territoire ne se mesure pas seulement au nombre de projets annoncés. Elle se juge surtout à leur capacité à être achevés dans les délais et à produire rapidement leurs effets sur la vie économique. Le véritable défi reste celui de la continuité administrative, du suivi permanent des chantiers et de l’évaluation régulière des engagements pris.
Le dragage du port d’Arzew constitue donc peut-être davantage qu’un simple chantier technique. Il représente un test grandeur nature. Si cette première étape est suivie sans interruption par la réalisation effective des nouveaux quais et des infrastructures industrielles prévues, Arzew pourra retrouver sa place parmi les grands pôles portuaires de la Méditerranée occidentale.

— Par S.Benali

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