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L’Amérique et le spectre du 6 janvier

L’Amérique et le spectre du 6 janvier

L’Amérique vote demain pour ce qui est connu sous le nom des midterms (élections de mi-mandat) qui sont une sorte de référendum sur le mandat du président en exercice. Ces élections concernent le Congrès avec ses deux chambres: le Sénat et la Chambre des représentants en plus des gouverneurs et d’autres élections locales.
Des élections qui sont loin de se présenter sous les meilleurs auspices pour Donald Trump qui a battu tous les records d’impopularité même si, comme à son habitude, il soutient le contraire, et se présente, avec son administration, comme le meilleur président de toutes l’histoire des États-Unis, sauf que tout dit le contraire. Mais ce n’est pas ce qui arrêterait un président fonceur, qui a mis du cœur à l’ouvrage ces dernières semaines en multipliant les meetings, et contredisant toutes les évidences qui ne plaident pas en sa faveur.
Pourtant le locataire de Maison Blanche n’est pas en face d’un traditionnel vote de méfiance, mais face à un vote de colère. Une grande partie des Américains ne peuvent plus entendre encore plus ses divagations, alors que leur quotidien devient de plus en plus insoutenable. Les Américains ne soutiennent pas la guerre en Iran, n’en peuvent plus de l’inflation qui a atteint des records, et ne comprennent pas les conflits commerciaux engagés avec les pays étrangers, et qui ont eu pour seule conséquence l’augmentation des prix. Pour certains experts américains,il y a même de fortes chances que certains électeurs républicains votent pour les démocrates, non qu’ils épousent leurs idées, mais parce qu’ils n’en peuvent plus des contradictions de leur chef et de son administration. C’est ce qu’on appelle en politique le vote sanction.
Mais ce que redoute le plus l’Amérique c’est de voir Trump contester encore une fois les résultats de ces élections de mi-mandat s’ils sont en sa défaveur. Et c’est ce qu’il a laissé entendre dans ses meetings. Le spectre du 6 janvier 2021 est dans toutes les têtes. Ce jour où la plus grande démocratie au monde a été sérieusement ébranlée, et où le Capitole a été attaqué par les partisans de Trump qui a refusé les résultats et la défaite aux présidentielles, plongeant le pays dans un grand doute et créant un flottement dont l’Amérique ne s’en est pas encore remise jusqu’à ce jour.
Un autre scénario du même genre, qui est plus que probable, sera un autre coup ,peut-être, encore plus dur à encaisser. Pourtant Trump en tant que président est censé être le garant de la Constitution. Mais Trump n’est le garant que de ses propres intérêts. Et tout le drame des États-Unis est là.
— Par Abdelmadjid Blidi

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