
Aïd El-Adha : prévention contre le kyste hydatique et les accidents domestiques
À la veille de l’Aïd El-Adha, le ministère de la Santé a annoncé, hier, le lancement d’une campagne nationale de prévention et de sensibilisation visant à lutter contre le kyste hydatique, également appelé hydatidose.
Cette initiative s’adresse au grand public et s’inscrit dans le cadre du programme national de prévention et de lutte contre les zoonoses. Elle a pour objectif principal de réduire les risques de contamination liés aux pratiques du sacrifice du mouton durant cette fête religieuse.
Le ministère a précisé dans un communiqué que le kyste hydatique est une maladie parasitaire causée par le développement, chez l’être humain, de la forme larvaire d’un ver parasite connu sous les noms de Taenia ou Echinococcus granulosus. Cette affection touche principalement le foie et les poumons et représente un véritable problème de santé publique en raison de sa gravité et de son évolution généralement silencieuse. La tutelle rappelle que cette maladie demeure le plus souvent asymptomatique dans ses phases initiales. Elle n’est fréquemment découverte qu’à un stade avancé, lorsque des complications surviennent avec l’apparition de kystes dans différents organes. Dans ces cas, la prise en charge nécessite souvent des interventions chirurgicales lourdes, complexes et délicates. Dans son communiqué, le ministère a souligné que la période de l’Aïd El-Adha constitue un moment particulièrement sensible sur le plan sanitaire. En effet, les conditions liées au sacrifice rituel du mouton peuvent favoriser la propagation du parasite. La manipulation des abats et des viscères contaminés, ainsi que leur abandon dans la nature ou leur ingestion par les chiens, participent directement à la dissémination de la maladie.
Face à ces risques, les autorités sanitaires appellent les citoyens à la vigilance et au respect strict des mesures de prévention recommandées lors de l’accomplissement du sacrifice. Le ministère recommande en premier lieu de faire appel, dans la mesure du possible, à un vétérinaire pour contrôler l’animal sacrifié. Ce contrôle permet de détecter la présence éventuelle de kystes hydatiques au niveau des organes du mouton. En l’absence de contrôle vétérinaire, les citoyens sont invités à examiner avec la plus grande prudence les abats, notamment le foie, les poumons et les autres viscères, afin d’identifier la présence de kystes ou de vésicules, souvent appelés localement « boules d’eau ». Les autorités sanitaires insistent également sur la nécessité d’une destruction rigoureuse des organes contaminés. Les abats infectés doivent être soit bouillis, soit brûlés afin d’éliminer le parasite. Ils peuvent également être enterrés profondément, à une profondeur minimale de 50 centimètres, afin d’empêcher leur accès par les chiens errants. Le ministère met en garde contre toute forme d’abandon de ces déchets dans la nature ou leur élimination avec les ordures ménagères. De telles pratiques représentent une source directe d’alimentation pour les chiens errants, considérés comme les principaux réservoirs et vecteurs du parasite. Il est également formellement déconseillé de donner ces organes contaminés aux chiens domestiques ou à ceux du voisinage. Par ailleurs, le département ministériel rappelle l’importance du respect strict des règles élémentaires d’hygiène. Les citoyens sont ainsi appelés à se laver soigneusement les mains avant les repas et après tout contact avec un chien, afin de limiter les risques de transmission.
La campagne de sensibilisation met également en avant un autre volet important lié à la prévention des accidents domestiques fréquemment enregistrés durant la période de l’Aïd El-Adha. À ce titre, les autorités recommandent de sécuriser les bouteilles de gaz, d’éloigner les enfants des « tabounas » et d’éviter toute manipulation dangereuse d’objets tranchants tels que les couteaux et les haches. Le ministère de la Santé a assuré enfin que l’ensemble des structures sanitaires de proximité ainsi que les établissements hospitaliers resteront pleinement mobilisés et opérationnels tout au long de la période de la fête religieuse. Cette mobilisation vise à garantir la prise en charge rapide des citoyens et à répondre efficacement à toute situation d’urgence sanitaire.
Mohand S



