Entre guerre et paix
Le détroit d’Ormuz est clairement aujourd’hui le point de fixation de la guerre irano-américaine. Une guerre qui, par ailleurs, interroge sur ses prochains développements. De plus en plus, on est en face d’une guerre de déclarations et de contre déclarations qui accompagnent cette phase de trêve de 60 jours, dont les contours restent encore opaques.
Sur le front, les affrontements ont nettement baissé d’intensité, et les attaques et contre attaques sont menées à des doses bien calculées pour préserver un tant soit peu le fragile accord signé au début de ce mois. D’ailleurs, la semaine dernière les armes se sont refaites entendre, chacune des deux parties accusant l’autre d’être le premier agresseur, et se donnant le droit de défense.
Des affrontements toujours autour du détroit d’Ormuz dont l’Iran veut en garder le contrôle total, alors que les Américains veulent son ouverture totale à la navigation maritime, notamment pour les navires commerciaux et le passage du pétrole. Un point que le président américain, Donald Trump, tient à présenter comme l’une de ses plus importantes victoires dans cette guerre, déclenchée pour rappel le 28 février dernier par les Américains et les Israéliens. On sait aussi que Trump veut sortir au plus vite de cette guerre qui a fini par lui échapper, car pensée et voulue en réalité par le chef sioniste Netanyahou, qui a su flatter l’ego démesuré de son allié américain.
Mais en face, les Iraniens, qui ne se sont pas laissés faire sur le champ de bataille, ne veulent pas aussi se laisser faire sur le terrain de la diplomatie. Pour eux, le moment est venu pour solder “toutes les misères” qui leur ont été faites par les Américains, à commencer par l’embargo qui leur est imposé depuis plusieurs années, la levée du gel sur tous leurs avoirs, mais aussi un dédommagement conséquent pour cette guerre. Et là on parle de milliards de dollars que Trump semble disposé à régler.
On est ainsi dans une situation de ni-guerre, ni-paix, et à cette heure on ne sait pas de quel côté vont basculer les choses, comme on ne peut savoir les conséquences qu’aura cette épisode guerrier sur tous les pays de la région. Et peut-être même au-delà du seul Moyen-Orient, car les portées économiques sont trop grandes pour les cantonner dans cette seule région. Une grande partie de la réponse à ces questions aura sûrement un début de réponse au terme des 60 jours que se sont donnés les deux belligérants pour trouver une sortie qui pourrait satisfaire leurs ambitions et objectifs.
Par Abdelmadjid Blidi