Législatives : les partis politiques à pied d’œuvre
Les partis ont franchi un cap décisif dans leurs préparatifs pour les législatives du 2 juillet, avec la finalisation progressive des listes de candidats appelés à briguer les sièges de l’Assemblée populaire nationale.
À Oran, wilaya à fort poids électoral, l’élaboration des listes ne relève pas d’un simple exercice administratif. Elle obéit à des équilibres complexes, mêlant impératifs de représentativité territoriale, renouvellement des élites et intégration de profils jugés compétents. Les états-majors locaux des partis multiplient ainsi les réunions pour trancher entre les postulants, à partir de critères combinant expérience de terrain, capacité de mobilisation et aptitude à porter les préoccupations citoyennes au niveau national.
Cette phase de sélection s’accompagne d’une effervescence palpable au sein des permanences politiques, où les candidatures sont passées au crible.
Dans un contexte de concurrence accrue entre les différentes formations, chaque choix est stratégique, d’autant que les attentes des électeurs s’orientent de plus en plus vers des profils crédibles, capables d’apporter des réponses concrètes aux enjeux locaux de développement. Parmi les premières formations à lever le voile sur ses listes figure le Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui a opté pour une composition mêlant expérience institutionnelle et ancrage local. La liste présentée à Oran regroupe en effet des élus en exercice ou anciens, des présidents d’assemblées communales, ainsi que des acteurs issus de la société civile.
Ce choix traduit une volonté affichée de conjuguer expertise politique et proximité avec les citoyens. Dans le même esprit, d’autres partis ont privilégié des profils à forte qualification académique.
Universitaires, médecins et cadres issus des secteurs publics et privés figurent en bonne place, illustrant une tendance à techniciser davantage la représentation politique. Cette orientation s’accompagne d’un effort notable en faveur du rajeunissement, avec l’intégration de candidats de moins de 40 ans, perçus comme porteurs d’un nouveau souffle.
La dimension territoriale n’est pas en reste. Certaines formations, à l’image du Front El Moustakbal, ont adopté une logique de répartition géographique des candidatures afin de couvrir l’ensemble des zones de la wilaya, Est, Ouest et Sud, et éviter toute concentration déséquilibrée. Une stratégie visant à renforcer l’ancrage local et à capter un électorat diversifié. Par ailleurs, la présence féminine a été globalement consolidée au sein des listes, en conformité avec les orientations réglementaires en vigueur.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification des profils, où les compétences académiques et professionnelles tendent à primer sur les logiques purement partisanes. Selon plusieurs observateurs, cette recomposition des listes pourrait traduire une mutation progressive des pratiques politiques, orientée vers une ouverture accrue aux acteurs de la société civile et aux compétences techniques. L’objectif affiché étant d’élargir la base de représentation et de retisser le lien de confiance avec les citoyens.
Dans l’attente de la publication définitive de l’ensemble des listes, l’attention se tourne désormais vers la campagne électorale imminente. Celle-ci devrait constituer un moment clé, marqué par la présentation des programmes et la confrontation des visions sur les priorités locales et nationales.
Dans ce climat de mobilisation croissante, les électeurs d’Oran restent attentifs aux profils retenus et aux engagements formulés, espérant que ce scrutin puisse déboucher sur une amélioration tangible de la gouvernance locale et de la prise en charge des préoccupations socio-économiques.
Yacine Redjami

