Oran

Aïn El Türck :
L’investissement utile, une obligation pour préserver l’argent public

Investir utile, devient une obligation pour préserver l’argent public des errements inhérents aux placements financiers non profitables et ruineux opérés durant de longues années dans la zone côtière d’Aïn El Türck, s’accordent à dire nombre de spécialistes des questions de développement durable.

Le cas de l’embarcadère de Cap Falcon dont le coût de réalisation a dépassé les 40 milliards de centimes pour assurer, via deux paquebots chèrement payés, la navette maritime entre les deux communes d’Oran et d’Aïn El Türck est l’illustration édifiante d’un échec d’un point de vue investissement, dans la mesure où, économiquement, sa rentabilité est réduite à néant. Depuis sa mise en service, quelques années auparavant de cela, la ligne maritime n’a été que rarement exploitée, d’une part, en raison de son emplacement jugé inopportun et inadapté pour les voyageurs, de l’autre, en raison des difficultés d’accostage pour une question de houle et de niveau de mer, malgré les quelques « retouches » techniques apportées aux fondations de l’embarcadère. Sans jeu de mots, nos spécialistes diront que le projet est presque « tombé à l’eau », pour ne pas dire carrément qu’il s’agit d’un échouage pour rester dans le lexique marin. A moins, rétorquent-ils, d’un repêchage de l’infrastructure vers une autre fonction plus rentable, économiquement parlant. Au-delà de ce fiasco financier, c’est l’industrie touristique, qui en recevra fortement un coup, à partir du moment où, le projet en question devait constituer une attractivité touristique et une plus-value pour la station balnéaire, outre sa fonction d’offrir de l’agrément et alléger l’encombrement routier durant la saison estivale. Le parallèle est vite fait avec le fiasco consommé de la ZET de Cap Falcon, lui aussi un projet mort-né, auquel l’Etat algérien avait consacré ses plus belles réserves foncières et des budgets colossaux pour la viabilisation du site, avant que celui ne tombe dans la désuétude la plus totale. Pour rappel, la conception de la ZET de Cap Falcon, d’un point de vue stratégique, devait constituer une locomotive économique pour toute la région Ouest. Sauf qu’il fallait faire sans l’état d’esprit qui avait prévalu en ce temps là avec la culture de la prédation et de la dévastation savamment orchestrée par les anciens élus locaux, leurs rabatteurs et leurs relais constitués d’hommes d’affaires qui ont profité de la conjoncture de l’époque pour s’enrichir jusqu’à hypothéquer l’avenir de toute une région et de sa population.

Maintenant que l’Etat a repris les choses en main, en menant la vie dure aux spéculateurs et aux prédateurs de tous bords, l’investissement doit être utile et ne doit surtout pas être laissé aux sautes d’humeurs de quelques élus ou responsables frileux. Il y va de l’argent public et par-delà de l’argent du bon contribuable qui est soumis à l’imposition fiscale. Il y a un manque manifeste en projets structurants à Aïn El Türck, ceux à même d’endiguer le chômage et assurer une pérennité économique locale durable. Les investissements à caractère productif, outre leur rareté, ne profitent ni à la trésorerie publique, ni à la population. Mieux encore, ils sont contre-productifs dans le sens où, la fiscalité créée est parmi l’une des plus faibles du pays. Une question sur laquelle, les pouvoirs publics doivent se pencher de manière conséquente.

Karim Bennacef

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