EDITO

Le mouton algérien vend cher sa peau

A quelques jours de l’Aïd El Adha, beaucoup de citoyens se sont tournés vers les béliers importés, espérant ainsi faire face à la flambée des prix du mouton algérien. Pourtant, malgré cette demande accrue, la réalité demeure implacable : le marché n’a pas connu la baisse escomptée. Pas moins d’un million de moutons importés ont été annoncés, une quantité considérable qui aurait dû, en théorie, faire pression à la baisse sur les prix. Mais force est de constater que cette mesure n’a pas permis d’enrayer la tendance haussière, désormais devenue une tradition à l’approche de cette fête religieuse.
Ce constat soulève une question cruciale : les maquignons imposent-ils leur loi en toute impunité, au vu et au su de tous ? Les arguments avancés par les acteurs du marché pour justifier cette inflation sont tout aussi peu convaincants. Lorsqu’ils évoquent la sécheresse ou la rareté des pâturages, ces facteurs, bien qu’ils puissent avoir un impact ponctuel, n’expliquent pas à eux seuls cette hausse persistante. Tout comme l’abondance des pâturages ou la baisse des prix des aliments sur le marché international n’ont pas modifié la dynamique de ce marché. La consommation, qui aurait pu jouer un rôle de régulation, a elle aussi chuté cette année, mais cela n’a pas suffi à faire baisser les prix. Au contraire, la tendance semble s’être renforcée, alimentée par une demande toujours plus forte face à une offre qui ne parvient pas à suivre.
Et pourtant, toutes les conditions sont réunies cette année pour espérer une évolution différente. Une importation massive, représentant près du tiers de la consommation, a été effectuée pour répondre à la demande. Les prix internationaux ont connu une baisse significative ces derniers mois, ce qui aurait dû, en théorie, se répercuter sur le marché local. La saisonnalité, la baisse de la consommation, la disponibilité accrue des moutons importés, tout indique une possibilité de stabilisation ou de baisse des prix. Mais rien de tout cela ne semble se concrétiser.
On aura constaté que, cette année encore, malgré tous les signaux en faveur d’une baisse ou d’une stabilisation, les prix du mouton en Algérie semble inébranlable. Le marché est devenu une zone d’ombre où la logique économique n’a visiblement pas cours. Le citoyen est plongé dans la frustration de devoir acheter un bélier étranger. L’État a certes pris ses responsabilités pour laisser le choix aux consommateurs. Mais il semble que ce n’est pas encore suffisant…

Par Nabil.G

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