Oran

Traitement des AVC : un protocole accéléré pour sauver des vies

Face à l’urgence absolue que constitue l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’établissement hospitalier spécialisé en urgences médico-chirurgicales Dr Mahmoudi Mohamed à Oued Tlélat a mis en place un dispositif de prise en charge rapide et coordonné visant à réduire les délais d’intervention et améliorer significativement le pronostic des patients.

Selon la professeure Badsi Douniazed, cheffe du service de neurologie, l’AVC représente une situation critique nécessitant une réaction médicale immédiate. Dans cette optique, un parcours spécifique a été instauré au sein de l’établissement afin de raccourcir le temps entre l’admission du patient, le diagnostic et le traitement, un facteur déterminant pour limiter les séquelles neurologiques.
Dès l’arrivée aux urgences d’un patient présentant des signes neurologiques aigus, une procédure accélérée est déclenchée. L’identification du cas est quasi instantanée, permettant d’accorder une priorité absolue à la prise en charge. En cas de suspicion d’AVC, un protocole d’urgence est activé, avec la disponibilité permanente d’un neurologue, garantissant une évaluation rapide et une prise de décision sans délai. Le patient est ensuite orienté immédiatement vers le service d’imagerie médicale, où un scanner ou une IRM est réalisé dans un délai ne dépassant pas 15 minutes après son admission. Cette étape est cruciale pour déterminer la nature de l’AVC et adapter la stratégie thérapeutique. Lorsque l’accident est d’origine ischémique et répond aux critères requis, un traitement thrombolytique est administré en urgence par voie intraveineuse afin de rétablir la circulation sanguine cérébrale. Par la suite, le patient est transféré vers une unité spécialisée ou en soins intensifs neurologiques, en fonction de la gravité de son état, où il bénéficie d’une surveillance étroite pour prévenir toute complication. Au-delà de la phase aiguë, la prise en charge se poursuit au sein d’une unité neurovasculaire pour un suivi approfondi. Un bilan complet est alors engagé afin d’identifier les causes de l’AVC, notamment les troubles du rythme cardiaque, tels que la fibrillation auriculaire, souvent à l’origine de ces accidents. Ce diagnostic repose sur des examens spécialisés, incluant un monitoring cardiaque pouvant s’étendre jusqu’à une semaine. Des analyses biologiques et des explorations complémentaires, comme l’imagerie des vaisseaux cérébraux et cervicaux, sont également réalisées pour détecter d’éventuels rétrécissements artériels. Cette démarche permet d’instaurer un traitement préventif adapté, notamment par anticoagulants si nécessaire, afin de réduire le risque de récidive. Pour la professeure Badsi, l’instauration de ce circuit intégré constitue une avancée majeure.
Elle souligne que le facteur temps est décisif dans la prise en charge des AVC : chaque minute de retard peut entraîner la destruction irréversible de millions de neurones, augmentant le risque de handicap lourd, voire de décès. Ce dispositif repose également sur une coordination rigoureuse entre les différents services impliqués, urgences, neurologie, imagerie et réanimation, permettant d’éviter les pertes de temps et d’optimiser l’efficacité des interventions. Une organisation qui, en améliorant la rapidité et la qualité des soins, offre aux patients de meilleures chances de récupération.

Nassim.H

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