A la une

Méthane : l’Algérie appelle l’Union européenne à revoir sa réglementation

L’Algérie a rejoint une initiative internationale appelant l’Union européenne à revoir son règlement relatif aux émissions de méthane.

Dans une lettre ouverte conjointe signée le 23 juin 2026 et adressée aux plus hauts responsables des institutions européennes, Alger, aux côtés du Qatar, du Nigeria et des États-Unis, plaide pour une adaptation du calendrier et des modalités d’application de cette réglementation, estimant que sa mise en œuvre dans les délais actuels risque de perturber les approvisionnements énergétiques du continent européen. « L’Algérie a signé, en date du 23 juin 2026, une lettre ouverte conjointe appelant à la révision du règlement de l’Union européenne (UE) sur le méthane, adressée à la présidente de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen, au président du Conseil européen, M. Antonio Costa, et aux dirigeants des Etats membres de l’UE », a indiqué le ministère des Hydrocarbures dans un communiqué rendu public jeudi dernier.
Le ministère a précisé que cette démarche s’inscrit dans la continuité de la position stratégique de l’Algérie en tant que principal fournisseur et partenaire fiable de l’Union européenne dans le secteur de l’énergie. Selon le département ministériel, cette initiative reflète également la volonté constante du pays de garantir la sécurité des approvisionnements énergétiques et de maintenir un dialogue constructif avec ses partenaires européens. La lettre ouverte a été signée par Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Saad Sherida Al-Kaabi, ministre d’État aux Affaires énergétiques du Qatar, Ekperikpe Ekpo, ministre d’État chargé des Ressources pétrolières (Gaz) du Nigeria, ainsi que M. Chris Wright, secrétaire à l’Énergie des États-Unis.
À travers cette initiative, les quatre responsables appellent les institutions européennes à adopter des mesures urgentes afin de clarifier et d’amender le règlement de l’Union européenne sur les émissions de méthane (EUMR). Ils estiment qu’une grande partie des exportations de pétrole et de gaz destinées au marché européen ne pourra pas satisfaire, à partir de janvier 2027, aux exigences de mesure, de notification et de vérification (MRV) prévues par la réglementation. Les signataires considèrent que cette impossibilité objective d’assurer la conformité dans les délais impartis pourrait entraîner des conséquences importantes sur les marchés de l’énergie, notamment des perturbations dans les approvisionnements de l’Union européenne ainsi qu’une hausse injustifiée des prix de l’énergie.
La lettre formule ainsi plusieurs revendications jugées essentielles pour permettre une transition plus équilibrée vers les nouvelles exigences réglementaires. Parmi celles-ci figure l’adoption d’un mécanisme suspensif, baptisé « Stop the Clock », destiné à accorder un délai supplémentaire pour l’élaboration des méthodologies techniques nécessaires ainsi que des trajectoires de conformité adaptées à l’ensemble des parties concernées. Les signataires demandent également la mise en place d’un mécanisme de protection des nouveaux contrats (« Grandfathering ») conclus durant la période de mise en œuvre des amendements législatifs sollicités. Selon eux, cette mesure est indispensable au regard de la nature à long terme de ces contrats et des engagements financiers considérables qu’ils représentent. Ils réclament en outre la suspension des sanctions liées à une éventuelle non-conformité pendant toute la durée de la période transitoire.
Dans son communiqué, le ministère des Hydrocarbures souligne que l’Algérie a rappelé les efforts déjà engagés par Sonatrach et l’ensemble de ses partenaires producteurs de pétrole et de gaz en matière de réduction des émissions de méthane. Ces efforts, précise la même source, se sont traduits par des investissements importants et des actions concrètes destinées à limiter les émissions, tout en se poursuivant de manière continue afin d’être pleinement en adéquation avec les objectifs fixés par la réglementation européenne ainsi qu’avec les engagements internationaux de l’Algérie en matière environnementale.
À l’occasion de cette signature, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a réaffirmé l’attachement de l’Algérie à cette initiative collective, qu’il inscrit dans le cadre du partenariat stratégique unissant le pays à l’Union européenne. Il a souligné que cette démarche vise avant tout à soutenir la sécurité énergétique européenne tout en garantissant la continuité des approvisionnements. Le ministre a également plaidé en faveur d’une approche pragmatique permettant de concilier les objectifs de durabilité environnementale avec les impératifs de sécurité énergétique, estimant que ces deux dimensions doivent être prises en compte de manière équilibrée dans la mise en œuvre de la réglementation européenne.
Le ministère des Hydrocarbures a assuré que l’Algérie poursuivra sa participation active au dialogue engagé avec les institutions européennes et les États membres de l’Union européenne. L’objectif, selon le communiqué, est de parvenir à un cadre réglementaire équilibré, capable de répondre aux exigences environnementales tout en préservant les intérêts communs des pays producteurs et des partenaires européens en matière de sécurité énergétique. « L’Algérie maintiendra sa présence active dans le dialogue avec les institutions européennes et les Etats membres, en vue de parvenir à un cadre réglementaire équilibré qui préserve les intérêts communs de toutes les parties », a conclu le communiqué.

Mohand S

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page