Oran Aujourd'hui
Nettoyage des hôpitaux : une opération à rééditer en permanence
Nettoyage des hôpitaux : une opération à rééditer en permanence
La grande opération de nettoyage et de désinfection menée en début de semaine au Centre hospitalo-universitaire Dr Benzerdjeb d’Oran mérite d’être saluée. Mobilisées sur instruction de la wilaya, les équipes de la commune et de la protection de l’environnement ont procédé au lavage des allées, au nettoiement des espaces communs et au traitement du périmètre extérieur de l’établissement. Une intervention visible, appréciée par les usagers et qui s’inscrit dans une dynamique plus large engagée depuis plusieurs mois pour réhabiliter la propreté des espaces publics de la capitale de l’Ouest.
Depuis son installation, l’exécutif de la wilaya a multiplié les opérations de remise en ordre de la ville. Campagnes de nettoiement des quartiers, lutte contre les décharges sauvages, récupération des trottoirs, démolition des constructions illicites, entretien des plages, nettoyage des ports de pêche, assainissement des marchés ou encore amélioration des espaces verts : les initiatives se succèdent avec une régularité qui tranche avec les habitudes d’un passé récent où l’on finissait par considérer la dégradation du cadre de vie comme une fatalité. Mais cette intervention exceptionnelle à l’intérieur du célèbre établissement hospitalier de l’Ouest du pays soulève malgré tout une question de fond. Est-il normal que le maintien de l’hygiène dans un hôpital universitaire dépende de campagnes spéciales mobilisant les services municipaux ? Dans une structure hospitalière, l’hygiène ne devrait jamais relever de l’événementiel.
Elle constitue une mission permanente, au même titre que les soins ou la sécurité des patients. Un hôpital n’est pas une place publique que l’on nettoie à l’occasion d’une campagne saisonnière. C’est un espace où la moindre négligence peut avoir des conséquences directes sur la santé de personnes déjà fragilisées.
Les observateurs avertis savent d’ailleurs que cette opération intervient dans un contexte particulier. Depuis plusieurs mois, différents travaux d’aménagement et de réhabilitation ont été engagés dans plusieurs services du CHUO. Si ces chantiers sont indispensables pour moderniser des infrastructures parfois vieillissantes, ils compliquent également le maintien quotidien de la propreté.
Débris de chantier, circulation intense, détérioration des espaces extérieurs et insuffisance des moyens d’entretien créent un environnement qui exige une vigilance permanente. À cela s’ajoute un problème devenu presque banal alors qu’il ne devrait jamais l’être : la présence récurrente d’animaux errants à proximité de certains pavillons hospitaliers. Chiens, chats et parfois même rongeurs évoluent dans des espaces fréquentés quotidiennement par les patients, leurs accompagnateurs et le personnel soignant. Cette réalité, dénoncée à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux, n’est ni compatible avec les exigences sanitaires d’un centre hospitalo-universitaire ni rassurante pour les milliers de personnes qui y transitent chaque jour.
Cette situation rappelle finalement une constante de la gestion publique locale. Trop souvent, certaines institutions ne réagissent qu’à travers des opérations de rattrapage. On attend que la situation devienne préoccupante avant de mobiliser d’importants moyens humains et matériels. Une fois l’opération terminée, les anciennes habitudes réapparaissent progressivement jusqu’à la campagne suivante. Le phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement les établissements hospitaliers. Les Oranais ont déjà observé ce même scénario dans d’autres secteurs. Les ports de pêche nécessitent régulièrement des campagnes de nettoyage d’envergure. Les marchés connaissent périodiquement des opérations de remise en ordre. Les trottoirs sont libérés, puis progressivement réoccupés.
Des contrôles réguliers, des audits internes et une responsabilisation réelle des gestionnaires permettraient souvent d’éviter ces situations. Le problème n’est donc pas seulement budgétaire. Il est avant tout managérial. Dans plusieurs secteurs, les moyens existent mais leur suivi demeure insuffisant. Certains responsables continuent malheureusement de considérer la maintenance comme une dépense secondaire alors qu’elle constitue un investissement indispensable. Les efforts engagés par les autorités locales traduisent justement une volonté de rompre avec cette logique du laisser-faire.
Les visites inopinées, les mises en demeure, les sanctions contre certains gestionnaires défaillants et l’exigence de résultats témoignent d’une nouvelle approche davantage orientée vers l’efficacité et la reddition des comptes. Cette démarche mérite d’être encouragée, car elle répond à une attente réelle des citoyens. Mais la réussite de cette politique dépendra de la capacité des responsables de chaque établissement à s’approprier cette culture du changement. L’administration ne peut pas rester dans l’attente permanente de l’intervention du wali ou des services municipaux pour accomplir des missions qui relèvent de sa responsabilité quotidienne.
Depuis son installation, l’exécutif de la wilaya a multiplié les opérations de remise en ordre de la ville. Campagnes de nettoiement des quartiers, lutte contre les décharges sauvages, récupération des trottoirs, démolition des constructions illicites, entretien des plages, nettoyage des ports de pêche, assainissement des marchés ou encore amélioration des espaces verts : les initiatives se succèdent avec une régularité qui tranche avec les habitudes d’un passé récent où l’on finissait par considérer la dégradation du cadre de vie comme une fatalité. Mais cette intervention exceptionnelle à l’intérieur du célèbre établissement hospitalier de l’Ouest du pays soulève malgré tout une question de fond. Est-il normal que le maintien de l’hygiène dans un hôpital universitaire dépende de campagnes spéciales mobilisant les services municipaux ? Dans une structure hospitalière, l’hygiène ne devrait jamais relever de l’événementiel.
Elle constitue une mission permanente, au même titre que les soins ou la sécurité des patients. Un hôpital n’est pas une place publique que l’on nettoie à l’occasion d’une campagne saisonnière. C’est un espace où la moindre négligence peut avoir des conséquences directes sur la santé de personnes déjà fragilisées.
Les observateurs avertis savent d’ailleurs que cette opération intervient dans un contexte particulier. Depuis plusieurs mois, différents travaux d’aménagement et de réhabilitation ont été engagés dans plusieurs services du CHUO. Si ces chantiers sont indispensables pour moderniser des infrastructures parfois vieillissantes, ils compliquent également le maintien quotidien de la propreté.
Débris de chantier, circulation intense, détérioration des espaces extérieurs et insuffisance des moyens d’entretien créent un environnement qui exige une vigilance permanente. À cela s’ajoute un problème devenu presque banal alors qu’il ne devrait jamais l’être : la présence récurrente d’animaux errants à proximité de certains pavillons hospitaliers. Chiens, chats et parfois même rongeurs évoluent dans des espaces fréquentés quotidiennement par les patients, leurs accompagnateurs et le personnel soignant. Cette réalité, dénoncée à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux, n’est ni compatible avec les exigences sanitaires d’un centre hospitalo-universitaire ni rassurante pour les milliers de personnes qui y transitent chaque jour.
Cette situation rappelle finalement une constante de la gestion publique locale. Trop souvent, certaines institutions ne réagissent qu’à travers des opérations de rattrapage. On attend que la situation devienne préoccupante avant de mobiliser d’importants moyens humains et matériels. Une fois l’opération terminée, les anciennes habitudes réapparaissent progressivement jusqu’à la campagne suivante. Le phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement les établissements hospitaliers. Les Oranais ont déjà observé ce même scénario dans d’autres secteurs. Les ports de pêche nécessitent régulièrement des campagnes de nettoyage d’envergure. Les marchés connaissent périodiquement des opérations de remise en ordre. Les trottoirs sont libérés, puis progressivement réoccupés.
Des contrôles réguliers, des audits internes et une responsabilisation réelle des gestionnaires permettraient souvent d’éviter ces situations. Le problème n’est donc pas seulement budgétaire. Il est avant tout managérial. Dans plusieurs secteurs, les moyens existent mais leur suivi demeure insuffisant. Certains responsables continuent malheureusement de considérer la maintenance comme une dépense secondaire alors qu’elle constitue un investissement indispensable. Les efforts engagés par les autorités locales traduisent justement une volonté de rompre avec cette logique du laisser-faire.
Les visites inopinées, les mises en demeure, les sanctions contre certains gestionnaires défaillants et l’exigence de résultats témoignent d’une nouvelle approche davantage orientée vers l’efficacité et la reddition des comptes. Cette démarche mérite d’être encouragée, car elle répond à une attente réelle des citoyens. Mais la réussite de cette politique dépendra de la capacité des responsables de chaque établissement à s’approprier cette culture du changement. L’administration ne peut pas rester dans l’attente permanente de l’intervention du wali ou des services municipaux pour accomplir des missions qui relèvent de sa responsabilité quotidienne.
— Par S.Benali