
Oran au cœur de l’intégration économique : le commerce intra-africain comme levier de la transition hors-hydrocarbures en Algérie
L’Université d’Oran 2 «Mohamed Ben Ahmed» accueillera, aujourd’hui un séminaire national de haute importance stratégique. Initié par le laboratoire de recherche LANDPA (Nouvelles tendances et défis des politiques de développement en Algérie), cet événement réunira un panel d’experts, d’universitaires et d’acteurs économiques majeurs autour d’une problématique cruciale : repositionner l’Algérie comme la porte d’entrée incontournable d’une économie africaine en pleine mutation.
À l’heure où les regards du monde entier se tournent vers le continent africain, perçu comme le marché de demain avec sa population de 1,4 milliard d’habitants et un PIB combiné dépassant les 3400 milliards de dollars, l’Algérie accélère sa cadence. L’Université d’Oran 2 s’apprête à devenir, le temps d’une journée, le pôle d’une réflexion académique et stratégique profonde sur l’avenir des échanges commerciaux continentaux.
Sous la direction du Professeur Houari Benlahcene, coordinateur général de la rencontre et directeur du laboratoire LANDPA, ce séminaire national s’attaque à une question existentielle pour l’économie nationale : Comment transformer la position géographique de l’Algérie en une richesse économique concrète, capable de dépasser durablement la dépendance historique à la rente des hydrocarbures.
Le constat de départ, dressé par le comité d’organisation, est sans appel. Bien que l’Afrique regorge de richesses, le commerce intra-africain peine à décoller, ne représentant aujourd’hui que 15 % du total des échanges du continent, alors que cette proportion atteint 60 % en Europe ou en Asie. C’est ici que réside la « chance historique » pour l’Algérie. Avec la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le continent ambitionne de porter ce taux à 30 % d’ici 2030, ce qui injecterait plus de 70 milliards de dollars par an dans le PIB africain.
Le succès retentissant de la 4ème édition de la Foire du commerce intra-africain (IATF), tenue à Alger en septembre 2025 qui a attiré plus de 2000 entreprises, 35000 visiteurs professionnels et généré des accords commerciaux de plus de 44 milliards de dollars a prouvé que la dynamique est d’ores et déjà enclenchée. L’événement sera le théâtre de débats intenses répartis en quatre grandes sessions scientifiques. Dès la matinée, des figures clés ouvriront le bal. Houari Abdelatif, cadre au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, détaillera la stratégie nationale.
Il sera suivi par Amine Boutalbi, président du Centre arabo-africain d’investissement et de développement (CAAID), qui traitera de l’Algérie comme porte d’accès aux marchés africains. L’accent sera également mis sur la logistique frontalière et transfrontalière avec des interventions de figures majeures comme El Ghazi Youssef, président du Conseil d’affaires algéro-mauritanien. Présidée par le Pr. Lazoul Mohamed, cette session explorera les leviers structurels. Le Dr. Nadia Benattou (USTO) ouvrira la marche avec une thématique d’actualité : le rôle des énergies renouvelables solaires dans la diversification de l’économie.
Les chercheurs de l’Université d’Oran 2, à l’instar d’Abou Bakr Essedik Bentahri et Chahida Nekkache, analyseront de près l’impact du commerce intra-africain sur le secteur agroalimentaire face aux contraintes structurelles. Sous la présidence du Pr. Belkacem Zaïri, l’accent sera mis sur les infrastructures physiques et technologiques. Une communication très attendue du Pr. Brahim Belkaid, du Dr Azzeddine Boussouf et du Dr Zoheir Cherif (Université Oran 2) analysera le rôle pivot de la Route Transsaharienne comme facilitateur logistique. En parallèle, les opportunités offertes par les technologies de rupture, notamment les chaînes de blocs (Blockchain) pour sécuriser et financer le commerce africain, seront décortiquées par les chercheuses Nejate et Nassima Zouad.
L. Kawther



