EDITO

Une aventure aux conséquences catastrophiques

Il ne s’agit ni de lâcheté ni de bravoure, mais de bon sens. La situation est trop compliquée pour la réduire à une simple question d’ego mal placé. Les réunions des pays de la Cedeao qui s’enchainent et qui ressemblent plus à une démonstration de force inopportune et surtout dangereuse n’augurent rien de bon et présagent d’un avenir des plus sombres pour toute la région du Sahel.
La dernière réunion des chefs d’état major de ces pays qui a quasi entériné le choix militaire pour résoudre le problème nigérien est une aventure dont les promoteurs ne pèsent pas vraiment les conséquences catastrophiques qui engagent et menacent la vie de millions d’êtres humains de la région.
Pourtant on devine aisément que derrière le rideau, un pays qui perd de plus en plus ses privilèges dans la région, pousse vers le chaos total et alimente cette option guerrière que le président de la Cote- d’Ivoire et d’autres veulent se l’approprier. Il faut dire les choses clairement, la France joue son va-tout dans cette crise nigérienne et ne veut pas lâcher ses proies qu’elle exploite depuis de longues années. Elle qui a perdu de grands carrés d’influence au Mali, au Burkina Faso et ailleurs en Afrique, n’a aucun scrupule à plonger la région dans le chaos et se sert de ces pays pour faire le service après vente à sa place.
Pourtant, la violence et les options militaires pour la résolution des conflits n’ont jamais réglé quoi que ce soit. Et ce ne sont pas les exemples malheureux qui manquent. Il suffit de voir où en est aujourd’hui l’Irak, la Syrie, le Yémen ou la Libye pour se rendre compte de l’absurdité de tels choix. Ces pays sont à ce jour confrontés à de crises multiples et surtout connaissent une instabilité chronique et un chaos sécuritaire qui a hypothèque depuis des années et pour longtemps leur avenir.
L’Algérie qui milite pour une solution politique a encore une fois appelé à la mesure et à éviter le choix militaire comme clairement exprimé par le communique du ministère des Affaires étrangères qui a mis en garde contre les choix aux conséquences catastrophiques qui se préparent : »avant que l’irréparable ne soit commis, et avant que la région ne soit prise dans l’engrenage de la violence dont nul ne peut prédire les conséquences incalculables, l’Algérie appelle toutes les parties à la retenue, à la sagesse et à la raison qui toutes commandent de redonner résolument la plus haute priorité à l’option politique négociée à la crise constitutionnelle actuelle épargnant ainsi au Niger frère et à l’ensemble de la région des lendemains lourds de menaces et de périls dont notamment un regain de vigueur et d’agressivité du terrorisme et des autres formes de criminalité qui affectent gravement la région », avertit le communiqué du département du ministre Attaf.
Par Abdelmadjid Blidi

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