Un camp divisé et un empire en déclin
Donald Trump semble ne pas s’être remis de la position de ses alliés occidentaux. Il a la nette impression d’avoir été lâché par les pays de l’alliance atlantique, et il en veut à tout le monde. Menaces, sanctions, avertissements, critiques, tout est mis sur la table. Et même s’il en veut à tout le monde, il a une dent tenace contre l’Espagne dont il qualifie la position d’“horrible”, contre la Grande Bretagne, l’Italie et dernièrement l’Allemagne, où il a pris la décision de retirer 5000 soldats des bases US, implantées dans ce pays.
La raison est la déclaration du chancelier allemand, Merz, qui a critiqué la guerre menée par l’administration américaine en Iran, jugeant que les Américains n’avaient aucune stratégie. Et cela n’est pas passé, et a même froissé le gigantesque ego et le narcissisme primaire du locataire de la Maison Blanche qui a donc décidé de sévir. D’ailleurs Trump ne cache pas son intention de se retirer de l’OTAN qui, à ses yeux, ne fait que pomper de l’argent à son pays. Et dans la foulée, il a augmenté les tarifs douaniers sur l’industrie automobile européenne.
Les autres pays occidentaux ne sont pas mieux lotis, notamment le voisin canadien. Un pays que Trump pense même à annexer pour en faire le le “51e État” des États-Unis. Enfin tout le monde en a pour son grade, et Trump ne cesse de signifier à ses “presque” désormais ex-alliés de ne plus compter sur les États-Unis, qui pour lui, et il ne s’en cache pas, n’est plus l’éternelle vache à traire.
Trump ne fait pas que fissurer le mur occidental, mais il est clairement en train de siffler la fin et la disparition de ce camp, qui a vu le jour au lendemain de la fin de la Seconde guerre mondiale, pour faire face au camp communiste mené par la défunte Union Soviétique.
Et ce n’est pas la guerre en Iran qui pourrait arranger les choses. Bien au contraire. Depuis le 28 février dernier et le début de cette guerre, Trump en veut au monde entier de ne pas le soutenir dans son aventure guerrière, notamment concernant le détroit d’Ormuz. Une guerre où l’Amérique est en train de s’enliser, malgré les déclarations triomphalistes de Trump. L’Amérique de Trump s’éparpille dangereusement. Et comme le soutiennent plusieurs historiens, tous les empires à un moment donné et inéluctablement enclenche leur crépuscule. Et les grandioses démonstrations de force que veut mettre en avant Donald Trump ne font que confirmer cette thèse d’un déclin irréversible.
Par Abdelmadjid Blidi