EDITO
L’axe Alger-Rome est solide
L’axe Alger-Rome est solide
Le ministre de l’Intérieur, Said Sayoud effectue une visite de travail en Italie. Cette actualité bilatérale nous amène à évoquer l’alliance entre Alger et Rome. Celle-ci a dépassé le simple cadre des échanges économiques pour s’ériger en une coopération stratégique, capable d’insuffler une dynamique durable à l’échelle euro-africaine. Dans une Europe confrontée à des choix énergétiques, et à une Afrique en quête de stabilité et d’investissement, le partenariat algéro-italien se présente comme un vecteur d’innovation, de sécurité et de prospérité partagée. Il ne s’agit pas d’un simple accord commercial, mais d’un modèle de coopération où l’industrie, l’énergie et les infrastructures se conjuguent pour façonner le futur des deux continents.
Il faut rappeler le chapitre historique qui a façonné cette relation. Selon des lectures historiques, le PDG de l’Eni, Enrico Mattei, a joué un rôle symbolique et pragmatique dans le soutien à la révolution algérienne et dans la volonté d’assurer à l’Algérie sa souveraineté énergétique et économique. Mattei considérait que l’accès aux ressources pouvait rester un mouvement équilibrant, évitant les dépendances et favorisant une coopération plus équitable entre le Nord et le Sud.
Sur le plan concret, les projets industriels italiens établis en Algérie témoignent d’un engagement durable et d’une confiance réciproque. L’Italie a été l’un des premiers pays européens à participer à l’industrialisation de l’Algérie, que ce soit dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de la logistique et de la construction civile. Cet écosystème industriel partagé s’alimente non seulement des flux commerciaux, mais aussi d’un savoir-faire technologique et d’un savoir-être en matière de gestion de projets complexes. Le résultat est une base stable pour des chaînes de valeur résilientes, capables de s’adapter à un contexte global en mutation rapide.
Le mégaprojet South H2 Corridor, évoqué comme ambition phare, illustre une vision transfrontalière et synchronisée des ressources et des usages. Un corridor hydrogène soutenu par les deux pays, et potentiellement par des partenaires européens et africains, porterait une transformation des mix énergétiques et des modes de transport. C’est une illustration frappante de ce que peut produire une démarche partenariale: une chaîne de valeur verte, des emplois qualifiés et une crédibilité accrue sur les marchés internationaux. Par-delà le simple argument économique, ce projet incarne le recours à l’innovation comme langage commun entre Alger et Rome.
Plus largement, la profondeur stratégique de la relation se déploie dans une densité d’accords et d’engagements qui touchent à la sécurité énergétique, à la coopération bancaire et financière, à l’éducation et à la recherche. L’impact euro-africain se mesure non seulement à la croissance bilatérale, mais aussi à la façon dont ces dynamiques alimentent une architecture régionale plus stable et plus intégrée.
— Par Nabil.G