EDITO

Tout reste possible

Vendredi, on était tout près de la signature d’un accord entre les Américains et les Iraniens. Samedi des sources responsables de Washington déclaraient que “ la guerre pourrait reprendre”. Trump triomphaliste avait déclaré à ses soutiens dans meetings que l’Amérique allait ramener la poussière nucléaire (le qualificatif qu’il donne au 450 kilogrammes du nucléaire enrichi iranien) et qu’il avait obligé l’Iran a rouvrir le détroit d’Ormuz. Le président américain avait besoin de trouver des trophées pour signer définitivement une victoire qu’il cherchait à tout prix.
Mais voilà que le lendemain Téhéran douche tout le monde, et ramène Trump à la dure réalité. Non seulement il n’est pas question de remettre l’uranium enrichi aux Américains,”les stocks d’uranium enrichi de l’Iran n’iraient nulle part”, mais plus encore les Iraniens décident de refermer le détroit, 24 heures après son ouverture. Pour Téhéran celui qui veut passer devra payer. En plus de cette condition qui a du faire très mal à Trump, les Américains doivent lever le blocus qu’ils ont mis en place un peu plus loin dans ces eaux.
La victoire clamée, trop vite, par le locataire de la Maison Blanche bat désormais de l’aile, d’où les menaces de reprise des hostilités lancées par les responsables américains.
Il faut dire que dans cette guerre, la violence des mots et la force de la propagande sont tout aussi omniprésents que les bombardements et les frappes de missiles qui l’ont marqué durant ses 40 premiers jours, avant qu’il n’y ait ce cessez-le-feu censé durer 15 jours et qui tire déjà vers sa fin. Un cessez-le-feu qui était qualifié dès son entrée en vigueur de fragile.Et les derniers développements ne font que confirmer cette fragilité.
L’escalade verbale entre les deux camps est montée d’un cran ces dernières heures et pourrait faire craindre un retour aux armes, même si nous avons assisté à plusieurs coups de théâtre dans ce conflit, à l’image de ce qui s’est passé à Islamabad où la délégation américaine a claqué la porte, et JD Vance avait déclaré l’échec des pourparlers, pour apprendre quelques heures plus tard qu’un accord de cessez-le-feu le feu a été acté.
Cette fois aussi Trump s’est voulu menaçant après la décision des Iraniens déclarant “Ils jouent au plus malin », et estimant qu’il ne pouvait pas y avoir de « chantage ». Mais le président américain a tout de suite enchaîné en faisant état de « très bonnes conversations » pour mettre fin aux hostilités. Comme quoi, cette guerre n’a pas fini de passer par différents états et toutes les possibilités restent sur la table.

Par Abdelmadjid Blidi

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