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Jardins urbains : un patrimoine vert en attente de véritable renaissance

Jardins urbains : un patrimoine vert en attente de véritable renaissance

Dans une ville en perpétuelle mutation, les jardins publics, les espaces verts et les massifs forestiers ne constituent plus un simple élément du décor urbain. Ils sont devenus un indicateur de la qualité de vie, un facteur de santé publique, un rempart contre les effets du changement climatique et un véritable levier d’attractivité touristique. Oran, qui ambitionne de consolider son image de métropole méditerranéenne, ne peut plus considérer ce patrimoine naturel comme un dossier secondaire.
Ces derniers mois, les autorités locales ont multiplié les initiatives visant à rétablir l’ordre urbain. Les campagnes de nettoyage, la récupération des espaces publics, la lutte contre les constructions illicites, l’amélioration de la gestion environnementale et les nouvelles orientations données lors des réunions de coordination de la wilaya traduisent une volonté manifeste de remettre de la cohérence dans la gestion de la ville.
Cette dynamique mérite d’être saluée, car elle témoigne d’une prise de conscience des enjeux liés au cadre de vie. Pourtant, lorsqu’il s’agit de la valorisation des jardins publics et des espaces verts, les résultats demeurent en deçà des ambitions affichées. L’opération de recensement et de classement des jardins publics, annoncée avec beaucoup d’intérêt il y a déjà plusieurs années, semble aujourd’hui avancer à un rythme particulièrement lent.
Selon les données communiquées par la Direction de l’environnement, seuls six jardins ont obtenu jusqu’à présent un classement officiel, notamment ceux de la rue Khemisti, de Sidi M’hamed, le Jardin méditerranéen ou encore le Jardin de la Liberté à Es-Seddikia, représentant un peu plus de deux cents hectares. Ce chiffre apparaît modeste au regard du potentiel réel de la wilaya. Derrière cette lenteur administrative se cachent des difficultés bien connues : des situations foncières complexes, des titres de propriété parfois imprécis, des chevauchements de compétences entre plusieurs administrations et une absence de régularisation de certains terrains. Autant de contraintes qui retardent l’inscription de nombreux jardins au registre officiel des espaces verts communaux, condition pourtant indispensable pour bénéficier de budgets d’aménagement, de programmes d’entretien et d’une protection juridique durable.
Ces obstacles administratifs ne sont certes pas nouveaux, mais ils finissent par installer une forme d’immobilisme qui pénalise directement les citoyens. Pendant que les procédures s’éternisent, plusieurs jardins continuent de se dégrader, faute d’une gestion clairement identifiée et de moyens adaptés. Oran possède un patrimoine naturel remarquable qui pourrait constituer un véritable réseau de loisirs de proximité. Si quatre forêts récréatives bénéficient aujourd’hui d’une reconnaissance officielle, beaucoup d’autres espaces boisés demeurent insuffisamment aménagés et protégés.
Le cas de la forêt de Canastel illustre parfaitement cette contradiction. Très fréquentée par les familles, les sportifs et les promeneurs, elle subit néanmoins une pression urbaine constante. L’extension du bâti, l’accumulation de déchets, les dégradations volontaires, l’absence d’équipements de loisirs modernes et le déficit d’entretien fragilisent progressivement un site qui devrait pourtant constituer l’un des principaux poumons verts de la métropole.
Le défi dépasse désormais la simple plantation d’arbres. Il s’agit d’élaborer une véritable politique de gestion intégrée des espaces verts associant urbanisme, environnement, tourisme, culture et participation citoyenne. La responsabilité n’incombe cependant pas uniquement aux collectivités. Les comportements inciviques continuent de compromettre de nombreux efforts. Dépôts sauvages de déchets, dégradations du mobilier urbain, occupation anarchique de certains espaces ou manque de respect des plantations rappellent que la préservation du patrimoine vert reste également une affaire de civisme collectif. Les investissements publics ne produiront leurs effets que s’ils s’accompagnent d’une véritable culture de protection de l’environnement.La volonté politique semble aujourd’hui s’affirmer davantage qu’auparavant. Les orientations données par les autorités locales en faveur de l’amélioration du cadre de vie ouvrent des perspectives encourageantes.
Préserver et valoriser les jardins publics et les espaces forestiers d’Oran, c’est investir dans le bien-être de ses habitants, renforcer son attractivité et préparer une ville plus résiliente face aux défis environnementaux de demain. Plus qu’un simple embellissement urbain, il s’agit désormais d’un véritable choix de société.
— Par S.Benali

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