EDITO

Des lendemains incertains

Des lendemains incertains

Les deux premières superpuissances au monde sont engagées dans deux guerres d’où elles n’arrivent pas à s’en sortir. Les Etats-Unis en Iran, depuis un peu plus de six mois, et la Russie depuis près de cinq ans en Ukraine. Poutine qui, certes, a marqué des points depuis le lancement de son opération spéciale et a conquis plusieurs régions n’a pas, comme on dit en rugby, réussi à transformer l’essai.
Les Américains, de leur côté, qui avaient impressionné le premier jour de leur guerre contre l’Iran, en éliminant la quasi-totalité des chefs politiques, militaires et religieux du régime iranien, un certain 28 février 2026, ne font depuis que du surplace. Ils ont même, ironie du sort, créé un imbroglio dénommé le détroit d’Ormuz qui menace sérieusement l’économie mondiale, et dessine de sombres perspectives pour les pays de la région et du monde entier.
La guerre en Ukraine, elle, risque de voir d’autres acteurs s’y mêler, notamment les pays européens, même si à ce stade, ils n’osent pas encore franchir la ligne fatidique. Mais il n’est pas dit, que si cette guerre continuait plus longtemps, on n’assisterait pas à un débordement incontrôlable et des conséquences bien plus compliquées pour pouvoir être réglés par la suite.
En Iran où il était question d’une guerre de quatre ou cinq semaines, selon les déclarations du président américain, Donald Trump, on est déjà au sixième mois, alors que rien n’indique qu’une issue est possible dans un proche avenir. Beaucoup de spécialistes et d’experts parlent déjà d’une guerre longue qui va s’installer dans le temps. Une guerre qui tombera dans l’oubli pour ne refaire surface que lorsque des événements des plus importants pourraient se faire signaler.
L’Amérique de Trump qui a réussi un coup impressionnant au Venezuela en kidnappant en quelques heures son président Nicolas Maduro, a voulu étaler encore plus sa puissance en ouvrant un autre front au Moyen-Orient en s’attaquant à l’Iran. Mais les Iraniens ont fait preuve d’une grande résilience et ont fait plus que se défendre.
Cette Amérique qui était crainte juste en menaçant ses adversaires a, en réalité, beaucoup perdu dans cette guerre mal pensée et pratiquement sans stratégie claire. Le monde a découvert que cette Amérique là n’était pas invincible, qu’elle avait elle aussi ses failles et ses faiblesses.
Mais au-delà des constatations du moment, il y’a une chose de sûr. Ces deux guerres, celle de l’Ukraine comme celle de l’Iran, auront fatalement des conséquences à long terme sur le monde de demain. Croire que le monde reprendra son train train habituel au lendemain de la fin de ces conflits, comme si de rien n’était, c’est faire fausse route et se tromper sur un virage qui s’annonce des plus dangereux dans un monde de plus en plus fragile et au bord de l’implosion.
— Par Abdelmadjid Blidi

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page