A la une

Après les hydrocarbures : les pays arabes misent sur l’hydrogène vert

Le projet de l’hydrogène vert algérien pour l’Europe, ainsi que d’autres initiatives régionales, témoignent de cette volonté collective de répondre aux défis du changement climatique et de sécuriser l’approvisionnement énergétique mondial.

L’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) a publié un rapport soulignant le rôle croissant de la région dans le marché mondial de l’énergie, notamment dans la production d’hydrogène. Selon ce rapport, la production d’hydrogène par les pays arabes devrait atteindre 27 millions de tonnes par an d’ici 2040, grâce à la réalisation des projets en cours. L’OPAEP insiste sur l’importance de ces initiatives en mentionnant dans son étude « L’évolution du marché du gaz naturel liquéfié (GNL) et de l’hydrogène au premier trimestre de 2026 », plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, l’Égypte, l’Arabie saoudite et Oman, jouent un rôle clé dans cette dynamique.
Les projections actualisées estiment qu’à l’horizon 2030, la production d’hydrogène dans la région atteindra environ 8 millions de tonnes par an, avant de grimper à 27 millions de tonnes d’ici 2040. Avec la mise en œuvre continue de ces grands projets, l’OPAEP prévoit que «la région est appelée à devenir un acteur incontournable sur le marché mondial de l’hydrogène au cours des prochaines décennies». Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte de transition énergétique globale, où l’hydrogène vert, produit à partir de sources renouvelables, est perçu comme une solution stratégique pour réduire la dépendance aux hydrocarbures et répondre à la demande croissante en énergie propre.
Il est important de rappeler que l’Algérie s’est engagée dans un projet ambitieux de production d’hydrogène destiné à alimenter l’Europe, notamment via le «South Corridor H2». Ce méga-projet vise à fournir 10 % des besoins en hydrogène de l’Europe, en particulier pour alimenter l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Le South Corridor H2 permettra de confirmer la position de l’Algérie en tant que hub régional de l’hydrogène, contribuant ainsi à la transition énergétique du continent européen. La diversification des exportations énergétiques de l’Algérie s’inscrit dans une stratégie plus large visant à devenir un fournisseur clé d’énergie propre, tout en consolidant ses relations avec l’Europe dans un contexte géopolitique en mutation.
Par ailleurs, concernant le marché du GNL, l’organisation souligne une baisse significative des exportations arabes au premier trimestre 2026. Les chiffres indiquent une diminution de 24,3%, passant de 28,8 millions de tonnes en janvier-mars 2025 à 21,8 millions de tonnes à la même période en 2026. Cette chute est principalement attribuée aux tensions géopolitiques dans la région du Golfe, qui ont impacté la stabilité et la capacité d’exportation des pays producteurs. Mais si globalement la livraisons du GNL de la région MENA a connu une baisse, l’Algérie tire son épingle du jeu, en raison des tensions dans le Golfe. La part du pays dans le marché du GNL a augmenté en Méditerranée.
Cela pour dire que la région arabe, avec ses vastes ressources et ses projets en cours, est appelée à jouer un rôle majeur dans la transition énergétique mondiale. La croissance prévue de la production d’hydrogène illustre un changement de paradigme, où l’énergie propre devient une priorité stratégique. Le projet algérien pour l’Europe, ainsi que d’autres initiatives régionales, témoignent de cette volonté collective de répondre aux défis du changement climatique et de sécuriser l’approvisionnement énergétique mondial.

Nadera Belkacemi

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page