
Les travaux de réalisation seront lancés en juin en cours : l’Algérie se dotera d’un Institut de traitement par cellules souches
L’Algérie se dotera prochainement d’un Institut de traitement par cellules souches. Les travaux de réalisation de cette importante structure seront lancés au cours du mois de juin.
Selon le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, qui intervenait hier devant la Commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la sécurité sociale du Conseil de la nation, l’Institut qui sera implanté à Alger s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer la souveraineté sanitaire du pays et à positionner l’Algérie parmi les acteurs de premier plan dans le domaine des technologies médicales modernes. Le ministre a fait cette annonce lors d’une intervention consacrée à « l’implantation de l’industrie pharmaceutique en Algérie, entre sécurité médicamenteuse et concrétisation des orientations stratégiques de l’État » lors d’une séance qui s’est déroulée sous la présidence du professeur Habib Douaghi, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali.
Dans son exposé, M. Kouidri a souligné que la thérapie par cellules souches représente aujourd’hui, à l’échelle mondiale, l’une des approches les plus prometteuses pour le traitement de nombreuses maladies incurables, notamment certains cancers ainsi que les maladies rares. Il a estimé que l’investissement dans ce domaine permettra à l’Algérie de franchir une étape décisive dans le développement de la médecine de pointe. Le futur institut relèvera du groupe Saïdal, tandis que sa réalisation sera supervisée par le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire. Selon le ministre, les travaux devraient être achevés dans un délai d’une année. Ce projet est appelé à relever plusieurs défis stratégiques, notamment l’amélioration de la prise en charge des patients, la réduction de la dépendance aux médicaments chimiques importés et le renforcement du positionnement de l’Algérie parmi les pays leaders dans le domaine des technologies médicales innovantes. Au-delà de ce projet, le ministre a évoqué plusieurs programmes structurants actuellement en phase de préparation. Ceux-ci concernent notamment le développement de la filière des matières premières pharmaceutiques et des intrants industriels. L’objectif affiché est de mettre en place une base locale solide de production d’intrants pharmaceutiques afin de couvrir 50 % des besoins de l’industrie nationale à l’horizon 2027.

Les projets envisagés portent principalement sur la production de principes actifs destinés à plusieurs catégories de médicaments stratégiques, notamment les antibiotiques, les hormones, les traitements anticancéreux, les médicaments contre le diabète ainsi que les anti-inflammatoires. Cette démarche vise à réduire davantage la dépendance du pays vis-à-vis des importations et à renforcer l’intégration industrielle nationale. Dans le même cadre, M. Kouidri a annoncé la mise en œuvre d’un projet d’usine de fabrication de vaccins accompagné de la création d’un centre de recherche en virologie. Cette infrastructure comprendra une unité de production de vaccins à usage humain et vétérinaire. Selon le ministre, ce projet permettra non seulement de réduire les importations dans ce domaine sensible, mais également de consolider la position de l’Algérie en tant que pôle régional de référence dans le secteur pharmaceutique. Le ministre a également fait état d’un projet d’unité de stérilisation des dispositifs médicaux. Cette infrastructure contribuera au soutien de l’industrie nationale, à la réduction des coûts de production et à l’amélioration de la compétitivité des produits locaux face aux produits importés, aussi bien en matière de qualité que de prix.
Abordant la dimension continentale de la stratégie nationale, M. Kouidri a indiqué que les efforts se poursuivent pour concrétiser un projet de centre logistique régional relevant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations issues de la Conférence ministérielle sur la production locale des médicaments et des technologies de santé en Afrique, organisée à Alger en novembre dernier. Le ministre a expliqué que ce projet participe à la consolidation de la position stratégique de l’Algérie sur la scène internationale et répond aux orientations des pouvoirs publics visant à faire du pays un acteur régional incontournable dans le domaine de l’industrie pharmaceutique. Selon lui, cette infrastructure contribuera à renforcer le rôle de l’Algérie comme plateforme régionale de distribution et d’échanges entre les marchés africains et européens. Ce projet structurant vise également à soutenir la souveraineté sanitaire du continent africain à travers la valorisation de la production nationale et l’intégration de l’Algérie dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Il permettra ainsi de renforcer la coopération régionale tout en favorisant le développement de l’industrie pharmaceutique africaine.
S’agissant du renforcement de la sécurité sanitaire nationale, le ministre a affirmé qu’un plan d’action intégré a été mis en place afin de garantir un approvisionnement régulier en médicaments essentiels, dispositifs médicaux et autres produits pharmaceutiques. Cette stratégie repose sur plusieurs axes majeurs, notamment le développement d’une industrie pharmaceutique intégrée et compétitive, l’augmentation des capacités nationales de production, la diversification de la chaîne de fabrication, le relèvement du taux d’intégration industrielle ainsi que l’encouragement de la sous-traitance locale. Le plan prévoit également la promotion de l’investissement dans les secteurs de la chimie pharmaceutique et de la biochimie, considérés comme des domaines stratégiques pour assurer une plus grande autonomie du pays dans la production de médicaments et de produits de santé.
Prenant la parole à cette occasion, le président de la commission, le professeur Habib Douaghi, a souligné que la localisation de l’industrie pharmaceutique constitue l’un des fondements essentiels de la sécurité sanitaire nationale. Il a rappelé que cette orientation s’inscrit pleinement dans les directives du président de la République, qui accorde une importance particulière à la sécurité médicamenteuse en tant que composante fondamentale de la souveraineté nationale. M. Douaghi a insisté sur la nécessité de garantir de manière permanente la disponibilité de médicaments de qualité pour les citoyens. Selon lui, cette politique s’intègre dans une vision stratégique globale visant à diversifier l’économie nationale, à renforcer les capacités de production du pays et à améliorer la maîtrise des chaînes de valeur industrielles ainsi que du savoir-faire technologique.
À travers ces différents projets, l’Algérie entend accélérer le développement de son industrie pharmaceutique, renforcer son autonomie sanitaire et consolider son rôle de plateforme régionale de référence dans les domaines des médicaments, des vaccins et des technologies de santé.
Mohand S



