
Plus de 1 000 immeubles menacent ruine : Oran face à un chantier urbain d’urgence
La wilaya d’Oran a lancé une vaste opération de traitement du parc immobilier ancien jugé hautement périlleux. «Un total de 1030 bâtisses ont été identifiées comme menaçant ruine», a-t-on fait savoir. Ce chiffre, révélateur de l’ampleur de la dégradation du tissu urbain dans certains quartiers anciens, place la question de la sécurité des habitants au centre des priorités des pouvoirs publics.
Selon les autorités locales, ce dossier sensible fait l’objet d’un suivi constant et structuré, compte tenu des risques réels que présentent ces constructions vétustes, aussi bien pour les occupants que pour l’équilibre global de l’urbanisme de la ville. L’objectif est de prévenir tout effondrement potentiel et d’éviter des drames humains dans des zones où le bâti ancien est fortement fragilisé. Face à cette situation, les services techniques ont élaboré un plan d’intervention graduel. Celui-ci prévoit la démolition progressive des immeubles les plus dangereux, notamment ceux qui ne sont pas classés dans le patrimoine protégé mais qui présentent un risque immédiat d’effondrement. Les opérations ne seront pas menées de manière brutale. Elles s’inscrivent dans une logique de phasage, conditionnée par le relogement préalable des familles concernées. Cette approche vise à garantir une transition encadrée, évitant toute situation de précarité ou d’évacuation non accompagnée. Les autorités insistent sur le caractère prioritaire de la sécurité humaine, qui conditionne chaque étape du programme. Chaque bâtiment est ainsi évalué selon son niveau de dangerosité afin d’établir un calendrier d’intervention précis.
Pour soutenir cette opération d’envergure, un rapport détaillé a été transmis aux autorités centrales afin de dresser un état des lieux complet de la situation sur le terrain et de solliciter les moyens nécessaires. Cette démarche a permis d’obtenir un appui concret : la wilaya d’Oran a bénéficié d’un quota de 1050 logements neufs, spécifiquement destiné au relogement des familles vivant dans des habitations classées dangereuses. Cette enveloppe constitue un levier déterminant pour accélérer le processus de transfert et enclencher les premières phases de démolition dans des conditions maîtrisées. Le dispositif de relogement sera déployé progressivement, en fonction de la disponibilité des logements. Les familles seront prises en charge au fur et à mesure, afin d’assurer une continuité résidentielle sans rupture brutale. Les pouvoirs publics soulignent également que ce programme intègre pleinement la dimension sociale et juridique des situations d’occupation. Les logements concernés relèvent de statuts variés, incluant des habitations occupées sur la base de titres ou d’actes de propriété.
Les occupants légalement reconnus sont eux aussi intégrés dans le dispositif de relogement, conformément aux procédures en vigueur. L’objectif est de garantir un traitement équitable des situations, tout en respectant les droits des citoyens concernés. Cette approche vise à éviter toute fracture sociale et à accompagner les familles dans une transition progressive vers de nouveaux logements mieux adaptés et plus sûrs. Au-delà de l’urgence sécuritaire, cette opération s’inscrit dans une vision plus large de transformation urbaine. Les autorités ambitionnent de moderniser le paysage architectural de la ville d’Oran, tout en réduisant les risques liés à la vétusté de certains quartiers anciens. Le programme prévoit non seulement la démolition des bâtiments les plus instables, mais aussi la réhabilitation et la restructuration progressive de plusieurs zones urbaines. Cette démarche vise à redonner cohérence et fonctionnalité au tissu urbain, souvent marqué par une densification ancienne et une dégradation avancée. À terme, l’objectif est d’améliorer durablement le cadre de vie des habitants, en remplaçant les structures dangereuses par des espaces urbains modernisés et mieux organisés. En attendant le lancement généralisé des opérations, les services de la wilaya poursuivent le travail de diagnostic et de mise à jour des données relatives au parc immobilier ancien. Chaque bâtiment est inspecté, évalué et classé selon son niveau de risque, afin de hiérarchiser les interventions. Ce chantier d’envergure, à la fois technique, social et urbain, place Oran face à un défi majeur : concilier sécurité des citoyens, respect des droits des occupants et transformation progressive d’un patrimoine bâti fragilisé par le temps. La ville s’engage ainsi dans une mutation profonde de son tissu urbain, où la prévention des risques et la modernisation architecturale deviennent des priorités structurantes.
Yacine Redjami



