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Salon du tourisme «Siaha 2026» : une vitrine séduisante pour des défis persistants

Pas moins de 16 000 visiteurs ont afflué à la seizième édition du Salon international du tourisme « Siaha 2026 », clôturée jeudi dernier au Centre des conventions d’Oran. Une affluence qualifiée de record par les organisateurs, qui précisent que près de 80 % des visiteurs étaient des professionnels issus des secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, du transport et de la restauration.
La manifestation a réuni plus de 230 exposants représentant l’Algérie ainsi qu’une dizaine de pays étrangers, dont la Tunisie, la Turquie, l’Égypte, l’Espagne, la Belgique et le Zimbabwe. Cette « dimension internationale » permet enrichir les échanges, ouvrir de nouvelles perspectives de coopération et promouvoir la destination Oran. Cette édition s’est distinguée non seulement par la présence de quelques professionnels du secteur, hôtels, agences de voyage, compagnies aériennes, mais également par celle d’opérateurs proposant une large gamme de produits et de services : équipements de cuisine, fours industriels, linge hôtelier, solutions de blanchisserie, artisanat et produits agroalimentaires. Une place importante a également été accordée à la gastronomie locale et aux plats traditionnels, présentés comme des leviers d’attractivité pour le tourisme domestique.
Cependant, derrière cette vitrine soignée, les mêmes constats reviennent avec insistance. Plusieurs observateurs présents relèvent un discours inchangé d’une édition à l’autre, marqué par un optimisme récurrent quant à l’impact réel de ce type d’événement sur le développement du tourisme local. À tel point que certains suggèrent que cette manifestation aurait gagné à être rebaptisée « salon de l’hôtellerie et de la gastronomie », tant son contenu semble s’éloigner des enjeux structurels du tourisme.
La question du doublon avec le Salon international du tourisme et des voyages, organisé chaque année à Alger, est également soulevée. Deux événements aux ambitions similaires, mais dont les retombées concrètes sur le terrain restent difficiles à mesurer. Car au-delà des salons et des annonces, c’est bien sur le terrain que se joue l’avenir du tourisme à Oran.
La ville connait certaines carences structurelles en matière d’organisation, de gestion et de qualité de l’accueil, que ce soit pour les touristes locaux ou étrangers. Carences dans l’entretien du cadre urbain, déficit de visibilité et de signalisation, manque de professionnalisme de certains services, dégradation de l’environnement, sont autant de facteurs qui freinent l’attractivité de la destination. À cela s’ajoute un déficit alarmant en matière d’investissements ciblés et de programmes de réhabilitation. De nombreux sites et monuments historiques restent encore en attente de projets plusieurs fois annoncés de restauration et de valorisation.
Des sites qui constituent pourtant des atouts majeurs dans une stratégie touristique cohérente. L’absence de vision intégrée et de gestion efficace du secteur continue de limiter les retombées des initiatives promotionnelles. En définitive, même si le salon « Siaha 2026 » confirme l’intérêt croissant pour le tourisme à Oran, il met aussi en lumière un décalage persistant entre le discours promotionnel et la réalité du terrain. Sans réformes structurelles profondes et sans une véritable politique de développement touristique, ces manifestations risquent de demeurer des vitrines sans véritable impact durable.

Par S.Benali

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