Une sortie pour sauver la face
Difficile de suivre Trump. Difficile surtout de comprendre sa stratégie et ses intentions. En fin de semaine dernière, il a adressé un ultimatum de deux jours à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Et en cas de refus, il a menacé Téhéran d’un enfer comme jamais elle n’en avait connu depuis le début de la guerre. Mais voilà que l’ultimatum fini, le président américain nous sort un tout autre disque. Désormais, il n’est plus question d’ultimatum, de frappes et d’enfer mais de pourparlers de paix et même de la fin de la guerre.
Et là aussi, Trump se donne du temps. Cinq jours cette fois pour arriver à un accord qui fera taire les armes. Trump a parlé de 15 points autour desquels tournent ces discussions dont en premier l’abandon total par Téhéran de son programme nucléaire. Et comme dans tous pourparlers, il y a toujours au minimum deux parties, on attendait bien sûr, la réaction de l’Iran pour confirmer cette nouvelle sortie du président américain. Les Iraniens ont tout simplement démenti.
Ils ont démenti, mais ont indiqué que si pourparlers il doit y avoir, ce sera selon leurs conditions à commencer par exiger des milliards de dollars (on parle de 200 milliards), pour reconstruire tout ce qui a été détruit par les frappes israélo-américaines, notamment les infrastructures énergétiques.
Mais en attendant de voir plus clair, on a aujourd’hui cette nette impression que Trump veut se sortir de ce guêpier où il s’est fourré avec l’insistance de son mauvais génie, le criminel Netanyahou. Une guerre qui a été mal préparée et dont les objectifs ont été, et restent à ce jour, opaques. Trump, et malgré la redoutable puissance de feu de son armée, a fini par comprendre que cette guerre est loin d’être une promenade de santé et qu’elle lui coûtera très cher sur le plan économique et surtout politique. L’Iran ne se présente pas comme une proie facile comme le Venezuela. Et il ne suffit pas de décapiter ses premiers chefs pour prétendre à la victoire.
Trump a besoin maintenant de quelques trophées pour se faire passer pour le vainqueur. Et pour son grand malheur, cela ne peut lui être donné que par ses ennemis iraniens, histoire de sauver la face dans une guerre meurtrière et destructrice pour toute la région, notamment pour les pays du Golfe qui ont vérifié, à leur dépens, que la grande Amérique qui leur coûte des milliards de dollars ne peut pas garantir leur totale sécurité. Et c’est aussi là un autre aspect des rapports de force qui, fatalement, seront revus par ces pays dont la sécurité reste encore et toujours bien aléatoire.
Par Abdelmadjid Blidi