Oran Aujourd'hui

Psychotropes et cocaïne : la nécessaire mobilisation de tous

Un communiqué du parquet de la République près le tribunal de Sidi M’Hamed a annoncé, la semaine dernière, la saisie de près de quatre millions de comprimés psychotropes et le placement en détention provisoire de treize individus impliqués dans une vaste affaire de trafic international. Cette nouvelle opération, qualifiée de saisie record, s’inscrit dans le cadre du démantèlement d’un réseau criminel transnational composé d’une vingtaine de personnes, selon des sources judiciaires.
Conformément aux dispositions légales relatives à la prévention et à la répression du trafic de stupéfiants et de substances psychotropes, les enquêteurs ont procédé à l’arrestation en flagrant délit de treize membres du réseau, tandis que sept autres suspects, déjà identifiés, demeurent toujours en fuite. L’enquête préliminaire, menée par le Service central de lutte contre le trafic illicite des stupéfiants de la Sûreté nationale, a permis de mettre au jour l’ampleur et l’organisation de cette filière criminelle. À Oran, comme dans d’autres villes du pays, l’annonce de cette affaire s’est rapidement propagée, suscitant à la fois un sentiment de soulagement face à la vigilance des services de sécurité et une profonde inquiétude devant l’ampleur grandissante du trafic de psychotropes.
Car cette saisie spectaculaire n’est malheureusement pas un cas isolé. Ces dernières années, Oran a été le théâtre de plusieurs opérations d’envergure : des centaines de kilogrammes de kif traité interceptés au port et sur les axes autoroutiers, des cargaisons de cocaïne découvertes dans des conteneurs, ainsi que des milliers de comprimés hallucinogènes saisis dans différents quartiers populaires et réseaux de distribution clandestins. L’affaire des 701 kilos de cocaïne découverts en 2018 dans une cargaison de viande congelée au port d’Oran demeure encore gravée dans les mémoires collectives comme l’un des plus grands scandales liés au narcotrafic en Algérie.
Depuis, les opérations de saisie se multiplient, révélant l’enracinement inquiétant de ce fléau et la mutation des réseaux criminels vers des substances toujours plus dangereuses et accessibles. Presque au même moment, une rencontre de sensibilisation contre la consommation de drogues se tenait à la salle de cinéma « Es Saâda » à Oran. Universitaires, représentants d’associations, acteurs religieux et simples citoyens s’y étaient réunis pour débattre d’un phénomène qui, de l’avis général, prend des proportions alarmantes.
Dans une atmosphère lourde d’émotion, une femme âgée avait lancé, d’une voix tremblante : « Nous n’avons plus le temps de parler et de théoriser. » On apprendra plus tard qu’elle venait de perdre son fils de seize ans, victime d’une overdose liée à des comprimés de prégabaline. Ce témoignage bouleversant résumait à lui seul l’angoisse silencieuse qui traverse aujourd’hui de nombreuses familles. Les participants à cette rencontre ont unanimement estimé que, malgré les efforts importants consentis par l’État dans la lutte contre les différents trafics de drogue, la seule réponse sécuritaire ne suffira pas.
Ils ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective associant les citoyens, les familles, l’école, les associations et les acteurs sociaux afin d’endiguer la progression de la consommation de psychotropes et de prévenir une dérive qui menace désormais le cœur même de la société.

Par S.Benali

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