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Compléments alimentaires : les professionnels plaident pour un contrôle accru du marché

Des experts en pharmacologie, des pharmaciens et des producteurs ont souligné, samedi à Alger, la nécessité de mettre en place des mécanismes de contrôle plus stricts pour encadrer le marché des compléments alimentaires et renforcer la protection des consommateurs, tout en saluant l’élaboration d’un projet de décret actuellement à l’étude au niveau du gouvernement.

Lors d’une journée scientifique organisée par l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE), sous le thème «Compléments alimentaires entre innovation, sécurité et organisation», les intervenants ont relevé que ce marché, estimé à près de 500 millions de dollars, soulève des enjeux liés à la traçabilité, à la sécurité et à la protection du consommateur, soulignant l’importance du projet de décret qui devrait, selon eux, contribuer à mieux structurer cette filière en pleine expansion.
Dans ce cadre, la directrice de l’enregistrement des produits pharmaceutiques à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), Farida El Mouhab, a expliqué que ces produits, situés à mi-chemin entre l’aliment et le médicament, présentent, en raison de leurs effets physiologiques et de la diversité de leurs compositions, «une variabilité importante», nécessitant une attention particulière en matière d’évaluation et de contrôle.
«Outre les sels minéraux et les vitamines, ces produits peuvent intégrer des substances actives non déclarées», a-t-elle alerté, soulignant l’impératif d’un cadre réglementaire «rigoureux» fondé sur la qualité, la traçabilité des matières premières et l’évaluation scientifique.
De son côté, l’experte Soumia Yahiaoui a indiqué que le marché des compléments alimentaires, qui s’est développé depuis le début des années 2000, a évolué principalement à travers l’importation et en l’absence d’un cadre réglementaire clair. Cette situation a conduit les autorités sanitaires à engager un travail de classification et de régulation à la suite d’alertes sanitaires et de signalements de mésusage, a-t-elle ajouté.
Dans ce sens, elle a estimé que le projet de décret, examiné par le gouvernement lors de sa réunion du 8 avril dernier, devrait permettre de combler le vide juridique, de structurer davantage le secteur et de renforcer la protection du consommateur.
Pour sa part, le producteur Tarek Boumezbar a appelé à encourager l’investissement dans ce secteur en forte croissance, tout en imposant un cahier des charges strict, un agrément des producteurs répondant aux critères requis ainsi qu’une distribution encadrée afin de garantir la qualité et la traçabilité des produits.
L’experte Salma Seltania a insisté, de son côté, sur l’importance de mettre en place des dispositifs de «pharmacovigilance» et de «nutrivigilance», rappelant que ces deux disciplines reposent sur un système de déclaration des effets indésirables impliquant les consommateurs, les professionnels de santé et les autorités sanitaires.
Elle a souligné que certains compléments alimentaires peuvent être conseillés ou prescrits dans un cadre médical, ce qui renforce la nécessité d’une vigilance accrue et d’une formation continue des professionnels de santé.
Pour sa part, le président de l’APOCE, Mustapha Zebdi, a appelé à une implication élargie des experts, universitaires et acteurs du secteur afin de protéger le consommateur et de structurer durablement cette filière.

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