EDITO

“Une victoire à la Pyrrhus”

Les spécialistes qui prétendent lire Trump mieux que quiconque, ont cru déceler avant le discours à la nation mercredi dernier du président américain, que ce dernier d’après ses sorties de la même journée, allait probablement annoncer la sortie des USA de la guerre en Iran. Il restait juste à savoir comment il allait s’y prendre pour sauver la face et ne pas donner l’impression d’une défaite de la première puissance militaire au monde.
Résultats des courses, ils avaient tout faux. Trump a annoncé que la fin de guerre n’était pas encore venue, affirmant «Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l’âge de pierre auquel ils appartiennent». Donc la guerre peut durer au minimum un autre mois dans le meilleur des cas. Une autre preuve, s’il le fallait, que le locataire de la Maison Blanche est de loin l’homme politique le plus illisible dans le monde.
Donc les choses sont des plus claires, la guerre reprend de plus belle et sera des plus sales. L’Iran, à en croire Trump, sera rayé de la carte et reviendra à l’âge de pierre. Et si c’est le cas, ce n’est plus seulement l’Iran d’aujourd’hui qui sera touché, mais l’Iran des mois et même des années à venir. Ceci à croire que la prophétie et les menaces du président américain se concrétisent.
Mais il faut croire que tout est possible, car cette guerre a été déclenchée dans l’illégalité la plus totale. C’est la décision de deux puissances, à savoir les États-Unis et l’entité sioniste, qui ont décidé unilatéralement de cette guerre sans aucun retour à l’ONU et sans aucun égard pour le droit international. C’est une guerre d’un autre âge qui rompt définitivement avec l’ordre mondial tel que nous l’avons connu jusque-là. C’est la porte ouverte à tous les dépassements et la naissance d’un monde où seule la loi du plus fort primera.
Trump se dirige peut-être vers une victoire, mais qui sera au fond une défaite morale, car il a de tout temps mis de côté l’ONU, il pense aussi sortir de l’OTAN après avoir perdu ses alliés historiques en Europe dans cette guerre, il a réussi aussi à fissurer et diviser l’Occident comme jamais, et il a connu, comme son allié sioniste, des pertes conséquentes. C’est un peu “Une victoire à la Pyrrhus”, ce roi d’Epire qui a vaincu les Romains, après la bataille d’Ausculum (279 av. J.-C.), au bout d’immenses pertes humaines et qui a eu cette phrase qui est restée dans l’histoire “ encore une victoire comme celle-là et nous sommes perdus”. Trump n’en est pas tellement loin.

Par Abdelmadjid Blidi

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