La vérité finit toujours par s’imposer
Le pape Léon XIV a entamé, hier, une visite historique en Algérie. Son séjour porte la symbolique d’une remontée à l’une des sources du catholicisme, de la célébration d’un dialogue des civilisations de la fraternité inter-religieuse. L’agenda de la visite témoigne de cette triple dimension, désormais encrée dans ce qui est convenu de qualifier d’un moment historique pour l’humanité. Retenons que le souverain pontife, en chef d’Etat, représentant les catholiques de la planète a eu des entretiens avec le Président Tebboune, dont le pays n’a jamais trahi le serment du dialogue universel et de la paix dans le monde. Des constantes que l’Etat du Vatican partage avec l’Algérie. Cette rencontre conforte le rôle de l’Algérie dans le concert des nations et exprime la justesse des positions qu’elle prend envers les crimes qui se commettent en Palestine et ailleurs.
En homme d’église ouvert sur son prochain, le pape s’est rendu à la Grande mosquée d’Alger, symbole d’un islam tolérant qui promeut le dialogue des civilisations et le vivre en semble dans la paix. Dans ce lieu sacré, qui rappelle la profondeur culturelle de l’Algérie indépendante, la fraternité islamo-chrétienne a été célébrée comme il se devait. Les Algériens ne vouent aucune haine au christianisme. Dans leur histoire, ils savent que ce culte était pratiqué par leurs ancêtres. Ils font la distinction entre l’entreprise coloniale, dont les motifs relèvent de la prédation, et une religion révélée à un prophète qu’ils reconnaissent comme porteur de la parole de Dieu. La séquence de la mosquée d’Alger est importante, en ce sens que le lieu fut chrétien au lendemain de l’invasion française. Le quartier fut même baptisé du nom d’un prêtre «Lavigerie», avant de redevenir un monument dédié à l’Islam et nommé «Mouhamadia» en référence au prophète Mohamed (QSSL). En s’y rendant avec enthousiasme, le souverain pontife a donné un signal fort, celui de la fraternité religieuse. Si les Algériens ont décidé de choisir l’Islam comme religion, ça ne fait pas d’eux, ni de leur religion des ennemis du christianisme. Par cet acte, le pape a confirmé que l’ère des croisades est révolue. N’en déplaise aux énergumènes de l’extrême droite française qui veulent la perpétuer.
Il y a aussi dans l’agenda du pape Léon XIV un pèlerinage sur les Lieux de vie de son maître à pensée, Saint Augustin. Cette partie spirituelle, n’en dégage pas moins une dimension historique forte. Elle dit la place prépondérante prise par l’Algérie dans la pensée chrétienne. Cet Algérien qui est aujourd’hui vénéré par le principal Clergé de la planète.
Ce n’est pas rien, et le souverain pontife sait parfaitement qu’en révélant au monde cette vérité, il fera grincer des dents. Cela pour dire qu’on peut cacher une vérité historique pendant plus de 20 siècles, elle finira par s’imposer.
Par Nabil.G