Lutte implacable contre l’exploitation illicite des sites balnéaires
La gestion des accès et de l’occupation du littoral en période estivale reste encore au cœur des préoccupations des autorités locales qui multiplient les instructions visant à lutter contre toute tentative d’exploitation illicite des sites balnéaires et d’anarchie dans la gestion et l’entretien des plages. A quelques jours de l’ouverture officielle de la saison estivale, des opérations de contrôle et d’intervention ont été lancées en début de semaine par les services concernés, assistés d’éléments de la sécurité sur le littoral d’Ain el Turck. Plusieurs extensions illicites et constructions sauvages, dont deux garages à bateaux ont été démolies.
Des chaises et des tables installées illicitement ont été aussi saisies. Et plusieurs embarcations de pêche ont été enlevées et mises en fourrière.
Et en prévision du coup d’envoi imminent de la saison estivale, les contrôles se multiplient devant permettre, nous dit-on, à la fois de garantir la gratuité de l’accès aux plages et le strict respect des lois et des règles en matière d’occupation du domaine maritime. Depuis le début du mois des centaines de chaises, de tables et de parasols installés illicitement ont été saisis par les services de la daïra d’Aïn El Turck lors d’opérations de contrôle lancées sur tout le littoral. Par ailleurs, plusieurs travaux d’aménagement et de réhabilitation de structures de surveillance et de contrôle de la protection civile, de la police et de la gendarmerie ont été réalisés au niveau des plages de Aïn El Turck et de toute la corniche oranaise.
Pourtant, derrière cette mobilisation saisonnière qui se répète à l’approche de chaque été, le constat est resté plutôt le même durant plusieurs décennies. Le dossier de la gestion du littoral oranais semblait condamné à un éternel recommencement où les mêmes infractions, les mêmes occupations illicites et les mêmes carences d’entretien ressurgissent d’une année à l’autre.
Depuis des années, les pouvoirs publics annonçaient des plans d’action, des opérations de nettoyage, des campagnes de sensibilisation et des dispositifs de contrôle censés remettre de l’ordre sur les plages. Mais une fois la saison terminée, les pratiques anarchiques reprenaient progressivement leurs droits. L’appropriation illégale du domaine public maritime, la prolifération de constructions précaires, l’occupation abusive des espaces de stationnement, l’insuffisance des équipements sanitaires, les défaillances dans la collecte des déchets et les atteintes à l’environnement côtier continuent de ternir l’image d’un littoral pourtant doté d’atouts naturels exceptionnels.
Chaque année, les mêmes rapports, les mêmes constats et les mêmes promesses revenaient sur la table des responsables locaux sans que ne soit engagée une véritable stratégie durable de gestion du littoral. Cette situation illustre les limites d’une approche souvent réduite à des interventions ponctuelles, alors que les plages nécessitent un suivi permanent, une police effective du domaine maritime et une vision cohérente d’aménagement s’inscrivant dans la durée.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que les moyens mobilisés augmentent régulièrement, tandis que les dysfonctionnements dénoncés par les estivants, les associations et la presse locale demeurent sensiblement les mêmes que ceux relevés il y a plusieurs années. Au-delà des opérations de démolition et des saisies spectaculaires effectuées à la veille de chaque saison estivale, la véritable question reste celle de la pérennité de l’action publique. Car si les mêmes infractions continuent d’être constatées chaque année, c’est aussi parce que les solutions appliquées demeurent essentiellement temporaires. Le littoral oranais mérite bien mieux qu’une gestion de campagne limitée aux quelques semaines précédant l’arrivée des vacanciers. Il a besoin d’une gouvernance locale continue capable de rompre avec la logique de l’urgence et des mesures de circonstance qui, depuis des décennies, peinent à produire les résultats attendus.
Par S.Benali