EDITO

La guerre fratricide des généraux

La capitale soudanaise El Khartoum est en train de se vider de tous ses étrangers laissant seuls face à face les deux généraux et leurs armées qui sont entrés dans une guerre qui risque de faire des milliers de morts et de mettre à genoux le Soudan.
La décision unanime et qui porte le caractère d’urgence des chancelleries occidentales et d’autres pays encore de faire évacuer leurs ressortissants et tous leurs personnels diplomatiques et même de fermer leurs ambassades prouvent que la situation critique, aujourd’hui, sera infernale demain, et que les services de renseignement de ces pays sont convaincus que les jours à venir seront apocalyptiques.
Le recours des belligérants aux armes lourdes risque de prendre plus d’ampleur et on n’écarte pas, à ce stade de développement de la situation, que des batailles aériennes auraient lieu. Autrement dit, nous sommes à la veille d’une guerre totale entre le général El Burhane et son rival le général Hemetti. Aucun des deux hommes ne paraît disposé à changer de cap et tous deux refusent toute trêve ou début de négociations. D’ailleurs la seule trêve qui a eu lieu à l’occasion de l’Aïd el Fitr est morte née et a volé en éclats quelques heures après son entrée en vigueur. Dans la capitale Khartoum les deux camps ne font pas dans la dentelle et les tirs et explosions secouent la grande métropole de cinq millions d’habitants et ses banlieusards sans discontinument. La situation sanitaire, elle, est des plus critiques, et au manque flagrant de médicaments, les hôpitaux ne peuvent plus fonctionner à cause des coupures d’électricité . D’ailleurs 72 d’entre eux ont été obligés de fermer leurs portes et de refuser les malades, car ne disposant ni de moyens ni d’équipements permettant leur prise en charge.
La situation humanitaire est elle aussi catastrophique et le manque de denrées alimentaires se fait cruellement ressentir. Selon l’UNICEF 50000 enfants souffrent de malnutrition aiguë, et il est impossible de leur acheminer les aides nécessaires, ajoutant cette terrible sentence « la vie de ces enfants est menacée !»
Après dix jours d’affrontements on dénombre déjà près de 500 morts et 3500 blessés, un décompte qui reste bien en deçà de la réalité vu la férocité des hostilités et les armes utilisées par les deux camps.
Le Soudan traverse l’une des plus sombres périodes de son histoire et cette guerre fratricides entre les deux hommes forts du régime actuel apportera la plus grande désolation et le plus grand malheur que le pays à eu à connaître jusque-là. Ni al Burhane ni Hemetti ne semblent disposés à rendre les armes. Ils sont manifestement bien décidés à se détruire, quitte à détruire en même temps tout le Soudan.
Par Abdelmadjid Blidi

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