La résistance de Cheikh Bouâmama : une étape marquante dans la lutte des Algériens contre le colonialisme français
La résistance populaire menée par Cheikh Bouâmama dans le Sud-ouest du pays, qui débuta à la fin du mois d’avril 1881 et, qui se poursuivit jusqu’en 1904, constitue l’une des étapes les plus marquantes de l’histoire de la lutte du peuple algérien contre le colonialisme français, de même qu’elle a contribué à freiner l’expansion coloniale dans le sud du pays pendant plus d’un quart de siècle.
Le professeur et chercheur en histoire de l’Algérie à l’Université Salhi-Ahmed de Nâama, Remita Abdelghani a souligné que la résistance de Cheikh Bouamama, de son vrai nom Mohamed Ben Larbi Bencheikh Ben El-Horma Benmohamed Benbrahim Benetadj (1830-1908), originaire de la région de Moghrar-Tahtani (actuelle wilaya de Nâama), est l’une des plus importantes résistances populaires ayant affronté le colonialisme français à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
Elle a duré près de 23 ans, ce qui en fait l’une des plus longues résistances contre l’occupant français. Le même intervenant a ajouté que cette résistance, à laquelle ont participé plusieurs tribus algériennes, a atteint un haut niveau d’organisation grâce à la formation d’une force et à une structuration paramilitaire, reposant sur des stratégies de combat bien étudiées. «Cette forme d’organisation lui a permis de faire face aux projets coloniaux dans le sud-ouest du pays et d’infliger des pertes importantes à l’armée d’occupation», a-t-il souligné. De son côté, le chercheur à l’Université Abou-Bakr Belkaïd de Tlemcen, Benhamou Mohamed a indiqué que la force de cette résistance s’est également manifestée dans la construction par Cheikh Bouâmama de sa forteresse (Kalâa) et de sa zaouïa dans un site stratégique à Moghrar Tahtani.
Celle-ci était entourée de 32 tours, en plus d’une organisation interne avancée comprenant un cadran solaire pour organiser la surveillance, un atelier de fabrication de munitions et l’acquisition d’armes. Cette résistance a connu ses premiers affrontements lors de la bataille de Tazina, le 27 avril 1881, suivie d’autres batailles importantes telles que celles de Taghit et de Chellala, ainsi que des affrontements dans diverses régions du Sud-ouest, notamment à Jenan Eddar, Chott Tigri et Fendi.
L’armée française y a subi des pertes humaines et matérielles considérables, selon le chercheur et historien Roucham Aïssa dans son ouvrage sur l’occupation française du Sud-ouest algérien et les résistances qui s’y sont opposées entre 1845 et 1934. De nombreux chercheurs et historiens considèrent Cheikh Bouâmama comme l’un des symboles de la résistance populaire contre le colonialisme français, en raison de sa détermination et de sa persévérance dans la défense de la terre et de la patrie, ainsi que de son rôle spirituel et scientifique à travers sa zaouïa à Moghrar, qui a contribué à la diffusion du savoir et de la religion, et à la revitalisation de la confrérie Chikhia, fondée par son grand-père Sidi-Cheikh, note-on.



