EDITO

L’Iran et les guerres impériales

Dans cette horrible guerre imposée aux Iraniens, deux figures occidentales émergent en première ligne : Donald Trump et Benjamin Nétanyahou. Ces deux hommes sont directement liés au massacre de centaines d’élèves lors du bombardement d’une école dans une localité d’Iran. Mais sont-ils les seuls responsables ? La réponse est non. Car cette guerre n’est pas un fait isolé, mais le résultat d’un engrenage historique au Moyen-Orient, façonné par des dynamiques géopolitiques complexes et des intérêts stratégiques profonds.

Depuis près d’un demi-siècle, la République islamique d’Iran se trouve au cœur d’une volonté hégémonique menée par les États-Unis. La révolution de 1979 a marqué un tournant radical, mettant fin à l’alliance avec le shah et établissant un régime hostile aux ambitions impérialistes occidentales. Dès lors, Washington a vu dans l’Iran révolutionnaire une menace à ses intérêts régionaux, notamment dans le contexte de la Guerre froide et de la lutte contre l’expansion soviétique. La politique américaine s’est traduite par des sanctions économiques, des opérations clandestines, et une stratégie de containment visant à limiter l’influence iranienne.

Mais cette volonté de domination ne se limite pas aux Etats-Unis. Depuis la création de l’entité sioniste en 1948, Tel Aviv a considéré l’Iran comme un obstacle à ses ambitions expansionnistes. Il en est résulté une hostilité ouverte. La coopération secrète entre l’entité sioniste et certains Etats arabes a laissé place à une politique d’isolement et de déstabilisation de l’Iran, alimentée par une alliance guerrière et assumée avec Washington.

Les dirigeants américains, qu’ils soient démocrates ou républicains, ont toujours poursuivi une politique visant à affaiblir la République islamique. Qu’il s’agisse de sanctions économiques, de campagnes de désinformation ou d’opérations militaires indirectes, l’objectif demeure le même : réduire l’Iran à un rôle insignifiant sur la scène internationale. La parenthèse de l’accord sur le nucléaire sous Obama, qui avait offert une fenêtre d’espoir de dialogue, n’a été qu’un épisode passager dans cette stratégie de confrontation permanente. Aujourd’hui, les sanctions ont été renforcées, étouffant l’économie iranienne et exacerbant la souffrance de la population.

C’est dire que la guerre d’aujourd’hui a été précédée par d’autres, économiques, diplomatiques et informationnelles. La propagande systématique visant à diaboliser le régime, à justifier des interventions et à légitimer la stratégie de containment, a été féroce. Cela étant dit, il faut se rendre à l’évidence que résulte d’un engrenage historique, alimenté par des alliances et des intérêts divergents, mais aussi par une absence de volonté sincère de dialogue de la part de l’occident. Cette logique mortifère détruit tout espoir de construire un monde de paix et de prospérité. Pas seulement au Proche Orient, mais sur la terre entière. La tragédie iranienne est particulièrement ressentie par tous ceux qui aspirent à un avenir de paix, loin des manipulations et des conflits imposés.

Par Nabil.G

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