Une longue zone grise
Le conflit en Iran est toujours dans une zone grise dont on ne sait pas sur quoi elle va déboucher. Alors que l’on est au 85e jour d’un conflit déclenché par les Américains et les sionistes depuis le 28 février dernier, rien ne semble vraiment bouger. Les positions des forces en conflit, que ce soit sur un plan militaire ou diplomatique, n’ont pas connu de changements notables.
D’ailleurs c’est le président américain lui-même qui confirme cette situation affirmant que “la situation avec l”Iran est sur le fil, entre accord de fin de guerre et reprise des frappes”. Trump, et on l’a dit plusieurs fois, veut sortir de cette impasse au plus vite et avec le moins de préjudices possible, et surtout ne pas passer pour le perdant d’une guerre qui , au fond, lui a toujours échappé et servi les intérêts de son allié criminel Benyamin Netanyahou. Lui, il cherchait comme toujours à satisfaire son ego démesuré. Il pensait réussir là où tous ses prédécesseurs avaient échoué de Jimmy Carter en passant par Obama ou Biden.
Il pensait profondément que l’Iran allait capituler très vite. Une impression qui a pris plus de poids après la réussite des frappes du premier jour, qui ont décapité une grande partie des dirigeants iraniens, dont le guide suprême Ali Khamenei. Mais c’était là en réalité le seul fait d’armes notable de cette agression. La suite à été bien plus compliquée.
Le milliardaire président qui avait qualifié cette guerre “d”excursion”, et multiplié les déclarations triomphalistes, sait au fond que rien n’a été simple et que rien ne sera simple. Pourtant il faut bien finir cette guerre et surtout s’en sortir par le haut, même si ce ne sera qu’une illusion.
Et Trump a besoin d’un trophée à exhiber devant sa base MAGA en premier, et devant le peuple américain, mais aussi devant le monde entier. Et ce trophée c’est bien sûr les 440 kg d’uranium enrichi que détiennent les Iraniens. D’ailleurs les dernières négociations entre les deux parties tournent prioritairement autour de ce dossier et ensuite sur le détroit d’Ormuz. Trump au fond n’a besoin que de prononcer une seule phrase pour donner l’impression d’avoir vaincu. “ L’Iran n”aura plus la bombe nucléaire et leur uranium enrichi est entre nos mains. Nous avons réussi.” Si cela réussit et si l’Iran accepte le deal, il aura enfin trouvé cette porte de sortie qu’il cherche ardemment.
D’ailleurs, il est déjà en train de monter un contre feu pour faire oublier ses déboires en Iran, et fait diriger les regards vers Cuba. Une autre guerre pour faire oublier une autre guerre.
Par Abdelmadjid Blidi