Un enlisement dangereux
Un enlisement dangereux
Le conflit au Moyen-Orient s’étend sournoisement à tous les pays de la région. Entre affrontements directs à travers des frappes puissantes américaines contre l’Iran et la réaction de ce dernier, qui répond en ciblant quasiment toutes les bases US qui se trouvent sur plusieurs pays, le feu d’une généralisation du conflit couve et risque de tout embraser.
De plus en plus, les pays du Golfe et d’autres encore se posent sérieusement la question si le temps n’est pas venu d’engager leurs forces militaires. Il ne s’agira alors pas uniquement de se défendre, mais de passer à l’offensive contre l’Iran qui est pour eux, de fait, un agresseur qu’il faut neutraliser avant qu’il ne soit trop tard.
Car il faut savoir que cette guerre n’est pas que militaire, mais aussi et surtout économique et financière. Les pays du Golfe et d’autres encore sont très touchés par cette situation qui met en péril leurs équilibres économiques. Une économie, faut-il encore le rappeler, qui s’appuie essentiellement sur la vente du pétrole et du gaz et qui connaît un ralentissement dangereux à cause de la guerre en général, et en particulier du fait de la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel transite l’essentiel des navires pétroliers. La même situation concerne le détroit de Bab El Mandeb où les rebelles houthis, alliés de l’Iran, procèdent eux aussi à des attaques contre les navires saoudiens et autres.
De manière générale, ce conflit est en train de prendre une tournure de plus en plus inquiétante pour les pays de la région et leur réaction est scrutée de près par les capitales mondiales et arabes. Le choix est cornélien pour tout le monde entre guerre et paix. Autrement, la paix est-elle aujourd’hui l’issue fermée à laquelle on a déjà renoncé.
Une telle option signifie qu’il ne resterait d’autres options que de voir toutes les armées de la région engagées dans une guerre ouverte et généralisée avec toutes les fâcheuses conséquences que l’on imagine des plus destructrices pour les peuples de ces pays.
Le président américain, Donald Trump, qui a été l’instigateur de ce conflit continue d’abreuver le monde entier de ses déclarations tout aussi contradictoires que stériles, et n’arrive pas au fond à se sortir de ce guêpier où il s’est engagé et engagé toute une région qui craint sérieusement pour son avenir. Aujourd’hui, il est devant une responsabilité historique où il doit trancher pour engager de vraies négociations de paix pouvant éviter le pire à des millions de personnes, mais aussi éviter au monde entier une crise économique sans précédent dont les conséquences seront dramatiques dans des contrées bien plus éloignées que cette seule région du Moyen-Orient.